Éloge (discret) de l’inceste

Publié le par Yves-André Samère

Un film français vu aujourd’hui évoquait vaguement le désir d’un inceste (non abouti, finalement) entre deux personnages. Or on sait que l’inceste est condamné à la fois par la loi et par la morale. Du moins, chez nous et de nos jours.

Or il n’en a pas toujours été ainsi, tant en histoire en littérature. En histoire, chacun sait que la famille Borgia ne connaissait aucune règle en cette matière, et qu’Agrippine la Jeune mit dans son lit son fils Néron, afin de renforcer son emprise sur lui. Tandis qu’en littérature, il existe une pièce, écrite en 1626, du dramaturge John Ford, auteur élisabéthain, et qui fut la première pièce jouée au théâtre par Alain Delon et Romy Schneider. Cela s’intitulait Dommage qu’elle soit une putain, c’était mis en scène par Luchino Visconti, et elle se joua en 1961 au Théâtre de Paris. Les deux vedettes interprétaient un frère et une sœur, qui étaient aussi amants. Or, les circonstances faisaient que la fille mourait, et son frère, ayant extrait son cœur de sa poitrine, déboulait sur scène en exhibant l’organe dégoulinant de sang (bon appétit si vous êtes à table). Je n’ai pas vu cette version, mais j’en ai vu une autre, jouée bien plus tard au Théâtre de Chaillot, par d’autres comédiens moins connus mais pas moins talentueux.

Néanmoins, en remontant plus haut, et si l’on prend au sérieux cette montagne de sottises qu’est la Bible, il faut bien convenir que ses rédacteurs anonymes ne semblent pas avoir eu le préjugé qui a cours aujourd’hui. En effet, aucun n’a reculé à laisser entendre que nous descendions tous d’un seul couple, Adam et Ève, et que, par conséquent, nous sommes tous issus des amours d’un frère et d’une sœur (ben oui, puisque cette dernière est née d’un clonage). C’est curieux, mais on n’évoque jamais ce point auprès des enfants du catéchisme ! Et voyez l’épisode des filles de Loth, après la destruction de Sodome, et qui enivrent leur père afin, pendant son sommeil, de l’utiliser de la manière que vous imaginez, pour concevoir chacune un enfant qui sera ainsi, à la fois, le fils et le petit-fils de Loth ! (Donc, en poussant la logique absurde jusqu’au bout, chacune sera à la fois la mère et la demi-sœur de son enfant)

Cela dit, l’anathème jeté sur cet acte est constamment justifié par des raisons médicales, pas très sérieuses en réalité. On avance que, si les deux éléments du couple possèdent chacun la même tare, celle-ci va forcément se retrouver dans les gènes de l’enfant qu’ils concevront. Or, d’une part, ce serait un hasard très peu probable ; et, d’autre part, on sait aujourd’hui déceler bien avant la naissance la probabilité d’un tel accident, et l’IVG n’a pas été pour rien rendue légale.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Je connais la génétique aussi bien que tu crois la connaître, mais je n’allais pas faire un article interminable sur la différence entre « dominant » et « récessif ». Inutile<br /> d’ennuyer le monde avec des précisions superflues et hors-sujet.
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J
Ouh là... Et la génétique dans tout ça ? Ton dernier paragraphe me semble léger !
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