Éloge succinct de Jean XXIII

Publié le par Yves-André Samère

Avant-hier, j’ai annoncé un article favorable à Jean XXIII. Il se trouve que ce matin, quelqu’un publie sur Internet un texte allant dans le sens que je projetais d’illustrer : que le seul grand pape du vingtième siècle n’a pas été Jean-Paul II, mais Jean XXIII. Cet article est ICI, et vous pouvez le lire, car il remet un peu les pendules à l’heure.

De mon côté, je comptais dire que Jean XXIII, lors de son avènement, n’a pas été pris au sérieux, parce que, succédant à un pape sec et sinistre et qui traînait deux ou trois casseroles, il avait le physique et le tempérament d’un bon vivant. Mais ce type de personnage, rarissime dans l’Église catholique, est victime du préjugé s’attachant aux « petits gros » –, lesquels, comme on sait, sont uniquement bons à faire rire. Or ce pape, précurseur de Danny DeVito pour sa silhouette, était rondouillard jusqu’à la caricature.

Bon vivant, Eugenio Roncalli l’était, en effet. Pour vous donner un exemple, tout le Vatican le surnommait « Johnny Walker », en référence à sa boisson favorite. Son prédécesseur Pie XII, lui, avait une tête à ne boire que de l’eau minérale, on le respectait, mais on ne l’aimait pas, et lorsqu’il se mit à raconter que Jésus lui était apparu, le cardinal français Tisserand, qui le détestait, commenta sobrement : « C’est de son âge ! ». Jean XXIII, lui, ne commit aucune erreur de ce genre, mais il manifesta sa fermeté dès la première minute, dans le choix de son pseudonyme pontifical. En effet, remontant à l’époque des papes d’Avignon, une polémique subsistait : il y avait eu un de ces papes qui s’appelait déjà Jean XXIII ! Fallait-il le considérer comme légitime, ou montrer au contraire que son pontificat était nul et non avenu ? En reprenant le même nom, le nouveau pape tranchait : il n’y avait jamais eu de Jean XXIII avant lui-même, et donc, le précédent titulaire du nom avait été un faux pape.

Jean XXIII était un homme simple, qui ne faisait pas de manières. On témoigne qu’en juillet 1959, entrant dans la basilique Saint-Pierre pour une audience publique très appréciée des touristes et au cours de laquelle il devait faire un petit discours de bienvenue, il commença par prendre place sur son trône devant le baldaquin de Bernini, puis tira de sa poche un immense mouchoir à carreaux, et se moucha vigoureusement ! On n’avait jamais vu ça, ni entendu un pareil coup de trompette dans la vénérable basilique. Vous imaginez le très élégant Benoît XVI faisant la même chose ?

Sur le rôle politique de ce pape, je vous conseille la lecture de l’article indiqué plus haut, qui le détaille mieux que j’aurais pu le faire. Du coup, il m’épargne d’en écrire un autre, et je reste sur mon terrain, celui de la futilité. Ouf !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
D’abord, ça prouve que je suis honnête. Ensuite, ce pape-là a été très au-dessus de tous les autres, ce qui apparaît très clairement aux raisons que je donne, et à celles mentionnées dans l’article
que je recommandais de lire.
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J
Je suis un peu circonspect que tu fasses l'éloge d'un pape, alors que tu frôles l'anticléricalisme ?!
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