Embrassades

Publié le par Yves-André Samère

On a pu voir hier, sur le site de Rue89, une photo montrant Sarkozy et Angela Merkel tout près d’échanger un vrai baiser d’amour. Naturellement, c’est de la frime, et la presse est coutumière de ces plaisanteries vaseuses : dans une séquence de plusieurs dizaines de clichés pris en rafale, on choisit celui qui se rapproche le plus de l’effet recherché. Tous les instantanés pris avant ou après ne montreraient pas du tout une scène identique.

Ce genre de trucages, même si la photo n’a pas été retouchée comme cela avait été fait pour effacer quelques bourrelets à la taille de Sarkozy ou la bague ruineuse que Rachida Dati arborait, cela peut ruiner une réputation, et définitivement. Ainsi, de Raymond Poincaré, qui était président de la République en 1922 : visitant un cimetière, il avait été un instant ébloui par le soleil, ce qui lui donna, l’espace d’un court instant, un rictus qu’un photographe prit au vol. Or ses adversaires, en publiant la photo dans un journal, firent semblant de croire que ce rictus était un rire. Le tour était joué, et la légende fielleuse de « l’homme qui rit dans les cimetières », Poincaré la traîna jusqu’à la fin de ses jours ; aujourd’hui encore, des imbéciles y croient.

Bien, je ne vais pas moraliser, broder sur le pouvoir de la presse, et en conclure que, si l’on veut être un pesonnage public, on doit s’attendre à quelques retours de bâton, l’actualité nous en a suffisamment fourni cette année. Non, ce qui me hérisse, c’est cette habitude qu’a prise le président de la République d’embrasser publiquement toutes les femmes qu’il rencontre. À quoi cela rime-t-il ? Existe-t-il une loi qui veut que, lorsqu’un homme et une femme – qui ne se connaissent pas, la plupart du temps – se rencontrent, ils DOIVENT s’embrasser ? Ridicule. On fait cela, mais entre hommes seulement, en Russie et dans les pays arabes. Qui peut croire à la sincérité de ces embrassades, à ces baisers de Judas ?

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