Émérite

Publié le par Yves-André Samère

Hier, je me suis payé la tête d’un nommé Walter Vogels, professeur émérite à la faculté de théologie de l’Université Saint-Paul, à Ottawa, et je notais en passant que je ne savais pas ce que c’était qu’un professeur émérite.

Un lecteur a eu la bonté de me faire savoir qu’il s’agissait d’un professeur ayant cessé ses activités mais qui conservait son titre. C’est très aimable, mais mon vice consistant à railler tous ceux qui nous en offrent l’occasion a masqué le fait que je le savais déjà ! Car enfin, j’ai sous la main tous les dictionnaires possibles (sauf le Robert, bien entendu). Même le Littré, qui ne date pas d’hier, remarque que cela « ne se disait guère que des professeurs dans l’ancienne université » et qu’aujourd’hui « on dit professeur en retraite » – mais cela sonne moins bien, donc plaît moins aux prétentiards (et ne venez pas me dire que ce dernier mot n’existe pas, je le sais parfaitement, mais prétentieux n’est pas assez fort).

On aura compris qu’en citant ce sorbonnicard de Vogels, je tournais en dérision un sombre imbécile qui absolvait Caïn, avec ce raisonnement en acier chromé : il a assassiné son frère, mais en ayant des enfants, il a accompli la volonté de Dieu, donc tout va très bien, madame la marquise. Bref, ce professeur émérite émériterait un coup de pied quelque part.

C’est cette façon originale de voir les choses qui fait que, de nos jours, on promet dans le paradis d’Allah soixante-douze vierges à ceux qui ont accompli la volonté de Dieu en égorgeant quelques infidèles. Mais avouez que c’est tentant.

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