Enfin un prix pour Sarkozy !

Publié le par Yves-André Samère

Le Prix du menteur en politique a été décerné hier à Nicolas Sarkozy, par un jury composé de six journalistes de différents médias (y compris « Le Figaro », ce qui est assez pittoresque quand on connaît ce journal), ces journalistes étant spécialistes, comme tous devraient l’être, de la vérification rapide des informations. Ce prix, dont on peut supposer qu’il sera décerné annuellement, a été créé cette année par Thomas Guénolé, politologue, maître de conférences à l’IEP Paris et docteur en sciences politiques, chroniqueur politique du « Nouvel Observateur » et du site Atlantico, auteur du Petit guide du mensonge en politique (publié chez First), qui était justement l’invité de Pierre Weill ce matin à 8 heures 20 sur France Inter. Vous pouvez écouter son intervention ICI, elle dure neuf minutes et vingt-quatre secondes, mais je résume. L’intérêt du prix est que, désormais, les hommes politiques sont avertis : si, dans l’avenir, ils mentent, ils auront la certitude d’être au moins nommés publiquement, et cela se saura ! Quant au fait que les journalistes se laissent raconter n’importe quoi par leurs invités, et sans protester, cela fait des années que je le dénonce ici. Pour ne rien dire du public, qui accepte tout ce qu’il lit et entend : comme disait en rigolant Claude Villers, « C’est forcément vrai, puisque c’est dans le journal ! »

Sarkozy a battu tous les records en accumulant dix-sept mensonges, non pas des bévues qu’on peut rectifier ensuite, mais des bobards intentionnels et répétés tout au long de sa campagne pour la présidence de l’UMP. Ces mensonges concernaient, entre autres, des déclarations faussement attribuées à Lionel Jospin et à François Hollande, mais pas que.

Cela dit, Sarkozy n’a pas été le seul à être nommé, puisque Marine Le Pen et Florian Philippot ont été cités eux aussi. Mais ils ont été moins « productifs » que Sarkozy. Encore un effort, chers fachos, le pays a les yeux fixés sur vous !

Détail qu’on ne dénonce jamais : un des plus grands mensonges de l’Histoire a été le fait de Charles De Gaulle, pas encore président de la République mais Premier ministre, quand il a dit « Je vous ai compris ! » aux Français d’Algérie, le 4 juin 1958, sur le balcon du Gouvernement général, à Alger. Et j’y ajoute, ce que Guénolé a oublié de rappeler, son « Vive l’Algérie française ! », deux jours plus tard, à Mostaganem.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Je récuse la notion de « comportement global de colonialisme ». Aucune société humaine n’a de comportement global, cela n’existe guère que chez les fourmis, les termites, les rats et les
abeilles.

Toute société est composée d’individus, dont chacun a ses réactions et ses idées personnelles. Si les Français d’Algérie avaient eu un comportement global de colonialisme, Alger n’aurait pas eu un
journal communiste, et Albert Camus n’aurait pas existé !
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D
Bonjour,

Je n'ai personnellement pas employé l'expression "gros colons", car ce qui est en cause c'est la situation, plus que les personnes en elles-mêmes.

A situation de colonialisme, comportement global de colonialisme.

J'ai personnellement une fraction de ma famille qui quitta brutalement l'Oranais en 1960, mais dont les deux chefs de famille retrouvèrent immédiatement une situation de cadre à la petite
sous-préfecture.

Quant à la torture, elle fut massivement pratiquée préventivement par l'armée française en pure perte. Parfois les moyens n'ont-ils rien à voir avec la fin...

Delphin
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Y
Je suis d’un avis diamétralement oppposé, et cette crétinerie sur les « gros colons » français d’Algérie a traîné partout, surtout dans les cervelles de gens qui ne connaissent rien à la
question et répètent bêtement tous les clichés qui traînent.

Le « Je vous ai compris » de Mongénéral ne s’adressait nullement aux très rares propriétaires terriens français d’Algérie, qui s’étaient planqués en métropole depuis longtemps, mais aux
petites gens qui n’avaient rien et s’apprêtaient à perdre ce rien.

Le mensonge, surtout de ce calibre, est radicalement condamnable dans absolument tous les cas. La fin ne justifie aucun moyen. Ou alors, il fallait torturer les Arabes, pas vrai ?
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D
Bonjour,

"Je vous ai compris"

Oui, mais "pieux mensonge n'est pas vraiment mensonge" si on considère que l'objectif final du mensonge est de porter tort à l'interlocuteur.

A postériori, ce qui est - de prime abord - tromperie éhontée, se révèle plutôt ultime moyen destiné à faire rendre raison à des descendants de colons et badernes militaires passéistes fanatisés
qui entraînent tout le monde vers l'insoutenable.

La fin justifie parfois tout de même les moyens.

Amicalement,

Delphin (pas gaulliste, pas croyant, pas certain)
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D
Oui, son intervention m'a beaucoup plu. Je trouve ce genre d'initiative roboratif. Surtout, il a bien défini ce qu'est le mensonge.
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