Et avec les oreilles ?

Publié le par Yves-André Samère

La cochlée, aussi appelée « limaçon », est une partie de notre oreille interne : une cavité hélicoïdale creusée dans le rocher, s’enroulant sur elle-même en deux tours et demi, comme cette partie de l’escargot qui s’attache au fond de la coquille. Les sons qui y arrivent induisent une énergie dans la cochlée, on le savait depuis soixante ans, or on vient de découvrir qu’il était possible de recueillir cette énergie ! Des chercheurs de Harvard et du Massachusetts Institut of Technology ont publié dans la revue « Nature » un article qui l’affirme, or ces gens ne sont pas des charlots, et ladite revue ne publie pas n’importe quoi.

En effet, l’acte d’entendre signifie que notre tympan vibre en fonction des sons perçus, bousculant ainsi les ions (atomes ou molécules chargés électriquement) présents dans la cochlée. Il s’ensuit que se crée un potentiel électrique, lequel est capté par notre système nerveux puis interprété par notre cerveau. On peut considérer cela comme une batterie naturelle !

Naturellement, le rendement est très faible : pas question de recharger la batterie de votre voiture en vous servant de vos oreilles. Mais enfin, ce système est relativement proche des microsystèmes électromécaniques (les MEMs) piézoélectriques, c’est-à-dire générant de l’électricité à partir de vibrations, de déformations, de compressions ; il n’y a qu’une différence de taille. Sachant cela, on a réussi à poser des électrodes autour de la cochlée, et à récolter une (petite) partie de ce potentiel électrique – ne me demandez pas de combien de volts, mais assez pour alimenter un petit circuit électronique, une puce si vous préférez, placée à l’extérieur de l’oreille, et sans que le signal envoyé au cerveau par l’oreille interne en souffre.

Naturellement, on a fait l’expérience sur des animaux, des cochons d’Inde, et la puce était très simplifiée. Le module radio qui envoyait les résultats à un récepteur sans fil utilisait un condensateur qui se chargeait au fur et à mesure que l’électricité était produite par l’oreille.

Rêvons : un jour, on alimentera ainsi... les sonotones ! Et les sourds deviendront autosuffisants.

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