Et la Côte d’Ivoire ?

Publié le par Yves-André Samère

Entendu cette semaine à la radio Jean-Christophe Rufin, écrivain et ancien ambassadeur au Sénégal, qu’on invite assez souvent quand il s’agit d’illustrer une émission de radio-télé qui évoque l’Afrique. Or il a commis, cette semaine donc, une fameuse bourde, quand il a dit que la Côte d’Ivoire « allait mieux ». Monsieur l’ex-ambassadeur devrait se renseigner à la source.

Je peux donc lui dire que la Côte d’Ivoire ne va pas bien pour la seule raison que l’armée française a contribué (soyons pudique) à déboulonner Laurent Gbagbo, qui certes le valait bien, pour installer Alassanne Ouattara, grand ami de Sarkozy, dans le fauteuil présidentiel. En ce moment, il y a en Côte d’Ivoire une grève des personnels enseignants, qui a commencé le 20 novembre et qui a paralysé tout le système éducatif, du primaire au supérieur. En principe, le travail reprend après-demain, mais ce n’est pas garanti. Déjà, le 22 novembre, le ministre de la Fonction publique a menacé (à la télévision) instituteurs et professeurs de ne plus payer leurs salaires si la grève ne cessait pas, et un syndicat a cédé à la menace. Le ministre a proposé de leur donner... 5000 francs CFA (7,62 euros) fin janvier, et 25 % du reste du bonus indiciaire en mars 2014, alors que le gouvernement doit à chacun d’eux 1 200 000 francs CFA (1829,39 euros) ! Naturellement, les salaires n’augmentent jamais, seuls les prix grimpent sur les marchés. La prime de logement, qui est de 500 000 francs CFA (762,25 euros) par personne reste due.

Toujours est-il que Ouattara a renvoyé le gouvernement pour cause de mésentente avec les députés RHDP. Sur le plan politique, on a cherché noise au fils de Gbagbo, qui ne s’était jamais mêlé de politique, alors que le père, lui, est en prison à La Haye en attendant son procès.

À part ça, tout va très bien, madame la marquise.

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