Être homosexuel, c’est mal. Très mal !

Publié le par Yves-André Samère

Généralement, nous définissons le mal comme le non-respect d’une règle de notre société : loi, règlement, coutume, tradition. Certes, tout n’est pas au même niveau, et, pour ma part, je me fiche éperdument des coutumes et des traditions. D’autre part, on doit être conscient que ces lois, règlements, coutumes et traditions varient d’un pays à l’autre, d’une époque à l’autre. Donc, tout cela est furieusement relatif.

Mais quel le fondement de ces obligations (ou pseudo-obligations) ? Il semble évident qu’à la base de tout, il y a ce principe quasiment universel, qui est de ne pas infliger à autrui ce qu’on n’aimerait pas qu’autrui nous inflige. Laissons de côté les masos, on parle sérieusement, ici (comme toujours).

Or j’ai toujours entendu dire qu’il était mal, très mal, d’être homosexuel. L’origine de cette opinion remonte à l’époque où Moïse, à supposer qu’il ait existé, a reçu des mains de Dieu, à supposer qu’il existe, les fameux dix commandements sur le Mont Sinaï. À cette époque, Moïse était le boss d’un peuple composé de douze tribus juives, qui s’étaient déjà arrangées pour avoir des ennuis avec leurs voisins, et qui étaient donc d’autant plus en danger de disparaître qu’elles ne comptaient qu’un nombre restreint d’individus. Il s’ensuit que la régulation des naissances n’était pas à l’ordre du jour, et qu’il importait de mettre au monde le plus grand nombre possible d’enfants susceptibles de porter les armes à plus ou moins brève échéance. Par conséquent, tout gaspillage de la moindre goutte de sperme était un sacrilège (les Monty Python, dans le premier sketch de leur film Le sens de la vie, ont bien illustré cette obligation en faisant chanter à un chœur d’enfants irlandais Every sperm is sacred. Mais ce sont des mal élevés, ces types. Les Monty Python. Pas les Juifs).

Ainsi, c’est Moïse, ou son nègre, qui a inventé de décréter que l’homosexualité, bien qu’il n’ait pas connu le mot, était « une abomination » (c’est dans la Bible, vérifiez). On est donc fondé à supposer que, si un homme couche avec un autre homme, ou une femme avec une autre femme, les salopards impliqués dans cette abomination causent un préjudice à la société dans laquelle ils vivent ! Or, c’était peut-être vrai à l’époque de Moïse, pour la raison patriotique susdite, mais aujourd’hui et chez nous ? J’avoue que je vois mal en quoi.

Si quelqu’un peut m’expliquer sans trop mettre en avant ses propres fantasmes...

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Pourtant, Onan avait donné le bon exemple ! En ce temps-là, lorsque mourait un homme marié, son frère DEVAIT épouser la veuve pour continuer la lignée. Or, son frère étant mort et la veuve ne
l’inspirant pas trop, Onan eut recours à un expédient : il creusa un trou dans la terre, puis...

(Non, je ne peux pas raconter une pareille horreur, je choquerais mère Teresa, qui me regarde certainement depuis le Paradis)

Toujours est-il qu’Onan a vu son nom immortalisé, par ce mot, « onanisme ». À quoi tient la célébrité !
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O
Peut-être que Moîse voulait prohibait la masturbation tout simplement...ou d'aider son copain dont la semence ne fleurait pas la châtaine et l'autonme.
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Y
Je ne donnais pas cette version comme vérité d’Évangile, si je puis dire. C’est simplement l’une des « justifications » qu’on lit le plus souvent. Comme j’aime à le rappeler, c’est digne
de l’explication que Ménélas attendit huit jours de la part de la belle Hélène.

De toute façon, aucun de nous n’y était, et je crois qu’il vaut mieux rire de tout ça. Mon idée, en écrivant cette petite note, était que les idées reçues sont le plus souvent ridicules.
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D
Je ne vous en fait nullement grief, mais cette histoire ressemble beaucoup à une justification a posteriori, un peu comme celle qui veut que si les Juifs ou les Musulmans ne mangent pas de porc,
c'est parce que la viande de cet animal se conserve mal sous les climats chauds. Le porc était déjà consommé par les Egyptiens de l'Antiquité et les Mésopotamiens, et on ne peut pas dire que ces
peuples vivaient sous un climat polaire.
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