Être Premier ministre ? Non merci !

Publié le par Yves-André Samère

Je suis en train de terminer le livre de Raphaëlle Bacqué, L’enfer de Matignon, uniquement composé d’interviews d’onze anciens Premiers ministres (il y a eu aussi une émission de télévision), et j’en tire cette conclusion : si jamais on vous propose de devenir ministre ou, pis, Premier ministre, refusez !

C’est véritablement ce que les djeunz appellent « une galère ». Dès que vous avez un poste ministériel, vous ne vous appartenez plus, vous travaillez sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre, vous êtes en voyage ou en réunion sans arrêt, jamais vous n’êtes seul, vous n’avez plus le temps de rien, vous ne voyez plus votre famille (la plupart des Premiers ministres ont été obligés de venir habiter à l’Hôtel Matignon, dans un appartement petit et incommode, s’ils voulaient avoir encore quelques minutes par jour pour voir leur femme, obligée elle aussi de vivre sur place, à quelques mètres de son bureau), on vous harcèle à longueur de journée pour vous demander de trancher dans tel ou tel problème, et... vous ne pouvez plus éteindre votre téléphone mobile, pas même la nuit !

Il s’avère que TOUS les anciens Premiers ministres ont déclaré avoir été profondément malheureux dans leur travail, sauf un : Édouard Balladur ! Il a vraiment adoré ça. Explication : il ne travaillait pas, ou très peu, et faisait tout faire par son cabinet. En son temps, Chirac s’était payé publiquement sa tête, en rapportant que Doudou s’arrangeait pour terminer sa journée de manière à ne pas rater chez lui le Journal Télévisé de 20 heures, et qu’il se mettait au lit aussitôt après pour lire la Gazette de l’Hôtel Drouot.

Si, outre tout cela, vous tombez sur un président de la République qui vous pique le seul endroit, la résidence versaillaise de La Lanterne, où vous pouviez vous détendre un peu pendant le week-end (le cas de Fillon, qui dès lors est obligé de se taper le trajet jusqu’à sa maison dans la Sarthe), on comprend que vous n’ayez qu’une seule envie : devenir très vite président de la République ! Là, n’ayant personne au-dessus de vous pour vous obliger à quoi que ce soit, vous pouvez déléguer la quasi-totalité de votre travail... au Premier ministre !

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