« Eugénie, la dernière impératrice », sur France 2

Publié le par Yves-André Samère

Stéphane Bern a sans doute eu raison, pour ses quatre émissions télévisées de l’été 2010, de parler des femmes de souverains. Mais il a peut-être eu tort de ne pas parler de la politique de leurs époux !

Hier soir, sur France 2, on inaugurait la saison avec l’impératrice Eugénie, femme de Napoléon III. Celui-ci a donc été vite expédié, et on n’a pas su grand-chose, ni de ce qui a précédé son règne (il a tout de même enterré la Deuxième République en se faisant proclamer empereur via un coup d’État, sans doute pour mieux imiter son oncle présumé – voir plus loin), ni de sa politique, ni des raisons de sa chute après une défaite militaire. On aurait aimé savoir, aussi, d’où Eugénie tenait son immense fortune après l’exil, qui lui a permis autant de dépenses, notamment dans l’achat ou la construction d’une multitude de résidences en Angleterre, à Biarritz ou sur la Côte d’Azur. Que je sache, lorsque des souverains sont débarqués puis remplacés par une république, celle-ci n’a pas l’habitude de leur conserver un train de vie royal.

Personnellement, j’ai été surpris d’entendre qu’Eugénie et son impérial époux avaient « lancé » Biarritz, qui, à en croire les historiens convoqués par Bern, n’était auparavant qu’un modeste « village de pêcheurs ». Pourtant la mère de Louis-Napoléon, la reine Hortense, y venait régulièrement en villégiature avant la naissance de son fils en 1808, et certains affirment même qu’il y a été conçu, son père n’étant nullement le mari de la très volage Hortense, c’est-à-dire Louis, roi de Hollande et frère de Napoléon (les deux époux, auxquels ce mariage fut imposé, ne s’aimaient pas et cohabitaient rarement), mais un certain marquis de la Wöestine, de nationalité hollandaise, et auquel Napoléon III ressemblait de manière frappante. De sorte que Napoléon III n’était le neveu de Napoléon Ier que pour l’état civil !

Sur le plan technique, une forte critique : on a inséré dans le documentaire de nombreuses photos et extraits de films. Or, la plupart du temps, les monteurs n’ont pas pris la peine de mettre les images au bon format. Je m’explique : les émissions de télévision sont aujourd’hui diffusées en anamorphose, c’est-à-dire que les pixels (les points lumineux) de l’image originale sont étirés en largeur pour remplir les écrans 16/9. Les images non traitées sont donc étirées, et les personnages semblent écrasés dans le sens de la hauteur, de sorte qu’un humain normal apparaît comme un nabot. Par conséquent, il faudrait, avant l’insertion dans un film destiné à être anamorphosé, les compresser dans l’autre sens, pour qu’elle reprennent à la diffusion, un format normal. Cela a été fait quelquefois pour cette émission, mais pas tout le temps. La paresse des techniciens de télévision est le trait le mieux partagé. Et peut-être aussi l’avarice des producteurs...

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