Fermer Fessenheim ? Ridicule !

Publié le par Yves-André Samère

Florien Kraft est chef de division auprès de l’Autorité de sûreté nucléaire (l’ASN), chargé de l’Alsace-Lorraine. Or la centrale nucléaire de Fessenheim se trouve dans son secteur. C’est de cette centrale que les écologistes réclament en priorité la fermeture, sous le prétexte qu’elle est ancienne, et donc vétuste – prétendent-ils sans la moindre preuve. Kraft n’est pas tout à fait sur la même longueur d’ondes, et il dit pourquoi.

La centrale a été mise en service en 1977, à l’époque où la France a choisi la technique « à eau pressurisée », dite REP, abandonnant ainsi la filière graphite-gaz en vigueur auparavant. Fessenheim a été prévue pour durer quarante ans, donc elle n’a pas encore atteint la date fatidique où l’on devrait la fermer : ce sera, quel hasard, en 2017, année où l’on changera en principe de président, et où, théoriquement, on devrait remplacer 37 des 58 réacteurs en service en France. Tous les dix ans, elle passe une visite de contrôle, et la dernière remonte à juillet 2011. On ne peut pas argüer que cette visite a été faite à la va-vite, quatre mois après l’accident de Fukushima, car c’eût été de la provocation... et de la dernière imprudence. Or cette visite a été concluante : le réacteur numéro 1 est en bon état, on a donc décidé de prolonger son fonctionnement, selon le calendrier prévu. Outre ce contrôle décennal, les évaluations complémentaires de sûreté, pour parler le jargon de la profession, ont noté le bon niveau de sûreté de la centrale, soulignant simplement la nécessité de le réévaluer en permanence : renforcement du socle du réacteur, renforcement des systèmes de contrôle et de sauvegarde, renforcement des équipements annexes (par exemple, la piscine de stockage du combustible usagé).

Les écolos objectent que le grand canal d’Alsace, qui double le Rhin tout proche et au bord duquel est construite la centrale, « pourrait » déborder. Kraft répond que le débit en est régulé par plusieurs barrages, et qu’il a été conçu pour qu’un éventuel trop-plein se déverse ailleurs que sur la centrale. Outre ces précautions, la centrale elle-même dispose de digues et de pompes, et ses diesels sont protégés par des enceintes étanches. Quant à la philosophie de sa construction, elle a été faite en envisageant une crue millénaire augmentée de 16 %, avec rupture simultanée des barrages, et donc la centale est prévue pour résister à cela.

Le risque est si faible que c’en est ridicule. Et on comprend que François Hollande traîne les pieds autant qu’il peut pour priver la région de cette source d’électricité sûre et bon marché (Fessenheim produit 70 % de l’électricité alsacienne), qu’il faudrait remplacer par... 2400 éoliennes !

J’ai laissé de côté l’aspect économique de la question : la centrale génère cinq mille emplois, rapporte 50 millions d’euros en impôts et taxes, et 125 millions de commandes. Supprimer tout cela, c’est provoquer une révolution en Alsace...

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