Flouter des mains

Publié le par Yves-André Samère

Cet horrible fait divers ayant eu lieu hier à Woolwich (ne prononcez pas le second W), une localité située à une douzaine de kilomètres à l’est du centre de Londres, a induit, en annexe, les habituelles crétineries médiatiques.

D’abord, et comme d’habitude, les commentaires radiophoniques n’ont pas manqué de prétendre que la population locale était « sous le choc », caricature traditionnelle en pareil cas. Mais le reporter de France Inter a fait mieux, en qualifiant par deux fois les deux assassins de « suspects », ailleurs, de « meurtriers présumés ». Ben voyons. Ils ont commis leur crime de jour, en pleine rue, sous les yeux des passants, auxquels ils ont demandé de les filmer avec leur téléphone. Mais, bien entendu, cela n’en fait pas des assassins, ils sont seulement suspects. Imaginez qu’un journaliste se hasarde à leur donner le qualificatif qui convient, ne vont-ils pas porter plainte contre lui pour diffamation ? Restons prudents...

Et puis ceci : on sait combien la télévision est pudique. En foi de quoi, les reportages floutent à peu près tout et n’importe quoi, les visages, les fesses, les sexes. Eh bien, aujourd’hui, ce fut du jamais vu, on a flouté... des mains ! Eh oui, l’un des assassins a fait un discours devant la caméra en agitant ses mains, or elles étaient couvertes de sang. On a donc flouté ses mains sanglantes. C’est vrai, ça, on n’a jamais vu de sang à la télé.

Je tremble qu’un jour, une caméra pénètre dans une boucherie.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Les journaux anglais sont moins pudiques. Ce qui m'a frappée, ce sont les trois femmes qui sont venues parler avec les meurtriers. Dont une, face à un grand type avec un grand couteau, ensanglanté.
Elle discutait avec lui, très calme.
Très loin à l'arrière-plan, on voyait des hommes...
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