Gag à la SNCF

Publié le par Yves-André Samère

On nous apprend que le système de réservation de la SNCF est en rideau : impossible de réserver des billets. Le reportage de France Inter, fait dans la gare Saint-Charles de Marseille, nous laisse entendre une annonce faite par haut-parleur, et qui conseille aux voyageurs de monter sans billet dans le train et de s’adresser directement à un contrôleur, qui délivrera un billet sans autre formalité.

Eh bien, j’espère que la chère SNCF a fait des progrès depuis cette journée d’août où, à Rennes, j’ai tenté de faire cracher à un distributeur automatique un billet pour mon train, qui partait cinq minutes plus tard. Bernique ! Alors que, d’ordinaire, cette machine refusait les paiements par carte bancaire au-dessous de quinze euros, ce jour-là, c’était les paiements supérieurs à quinze euros qui étaient tricards. Pas de bol, mon billet en coûtait environ dix-huit, et les deux seuls guichets ouverts étaient assaillis de clients frustrés. Il m’a donc fallu, contraint et forcé, prendre le train sans billet.

Eh bien, le contrôleur auquel je me suis présenté sur le quai, avant même de glisser un escarpin dans le train, a prétendu exiger que j’allonge huit euros de supplément, au titre d’une indemnité dite « libératoire » ; ce qui, en langue de bois, signifie payer pour éviter les poursuites judiciaires. Et cela, en vertu, si l’on peut dire, d’un décret, accrochez-vous, du 22 mars 1942, date qui justifie sans doute le mot « libératoire ». Admirable référence : vous savez bien, 1942, la belle époque où les trains sénécéfiens assuraient également le transport d’une certaine catégorie de touristes vers d’accueillantes villégiatures polonaises, où le chauffage était gratuit.

Comme j’ai refusé de casquer, et même de présenter mes papiers vu qu’un contrôleur de train n’est pas officier de police, menace m’a été faite de recourir aux flics dès la prochaine gare. Rions ! Voyageurs qui vous trouverez un de ces jours dans le même cas, ne vous laissez pas intimider par le bluff : la police, qui n’est d’ailleurs pas présente dans les gares de province, a autre chose à faire que de débarquer des voyageurs n’ayant rien à se reprocher. Contre les oukases de la SNCF, Français, traînez les pieds ! Vous irez peut-être même plus vite qu’en chemin de fer.

(Cette histoire édifiante, je l’avais racontée à Philippe Meyer, qui faisait alors une chronique quotidienne sur France Inter, à l’heure où passent aujourd’hui les honorables François Morel et Didier Porte ainsi que l’ignoble Stéphane Guillon, et qui en a fait le sujet d’un de ses papiers. Je précise que c’était avant l’euro, mais j’ai traduit les sommes pour épargner aux djeunz qui me lisent par millions l’effort de faire un calcul qui les dépasse, leur téléphone portable faisant tout, sauf calculatrice, pour le moment)

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