Gros-boutien et petit-boutien

Publié le par Yves-André Samère

Luc Chatel a été ministre de l’Éducation nationale. Il a donc toutes les excuses pour parler le français comme une vache espagnole.

Ce matin, on l’a entendu, sur France Inter, citer l’expression regarder par le petit bout de la lorgnette, afin de railler les gens à courte vue. Très amusant. Chatel n’est pas près de décrocher son CAP d’astronome ! Lorgnette, c’est le mot un peu désuet, que vous n’entendrez guère dans les cours de récréation, pour désigner la lunette astronomique (à ne pas confondre avec le télescope, qui fonctionne autrement). Cet instrument comporte donc au minimum deux lentilles grossissantes : une grosse, placée à l’avant, qui est l’objectif, et une petite, placée à l’arrière, qui est l’oculaire. La grosse doit avoir une longue focale, et la petite, une courte.

Il est donc clair que, si on veut observer un paysage lointain, c’est à l’oculaire qu’on doit coller son œil, et le vocabulaire l’indique, puisque oculaire vient d’un mot latin désignant l’œil. Si vous collez votre œil à l’autre bout – le gros bout – la vue ne sera pas grossie, mais réduite, au contraire.

Et donc, le mauvais usage de la lorgnette, c’est d’y regarder par le gros bout. Ainsi, Luc Chatel, ancien ministre responsable de l’éducation des petits Hexagonaux, s’est planté (le doigt dans l’œil ?).

NB : mon titre vient de chez Jonathan Swift. Mais ça, tout le monde l’avait compris.

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