Haut fourneaux

Publié le par Yves-André Samère

Lakshmi Mittal est moins un industriel qu’un financier. Sa profession : gagner de l’argent. De quelle façon ? Peu lui importe, et d’autant moins que sa puissance réelle dépasse celle des politiques qui veulent le contraindre à faire ce qu’il ne veut pas. Lors de son entrevue avec Hollande à L’Élysée, il s’est même offert le luxe de lui demander des excuses pour les violences verbales de Montebourg, ce qu’Hollande a néanmoins refusé.

Mittal se soucie peu des haut-fourneaux de Florange, et les 180 millions qu’il a proposé de mettre sur le site, et sur cinq ans (donc, 36 millions seulement par an, en moyenne), n’iront pas aux hauts-fourneaux, qu’il a bien l’intention d’arrêter au printemps. La raison en est simple : certes, l’acier qu’ils produisent est de qualité, mais il se vend mal. Quel industriel continuerait de fabriquer un produit qui lui restera sur les bras ?

Et puis, cette affaire n’a eu aucune incidence, pour le moment, sur le cours de l’action ArcelorMittal, la moins française des valeurs du CAC 40. L’année dernière, Mittal a fait en France seulement 6 % de son chiffre d’affaires, alors qu’il en a réalisé 17 % aux États-Unis, 10 % en Allemagne, 8 % au Brésil. Et aussi, 5 % en Espagne et en Pologne. Autrement dit, la France et les affaires françaises, pour lui, c’est la cinquième roue du carrosse, d’autant plus que son siège est au Luxembourg et que le patron vit à Londres – dans la plus luxueuse maison de la capitale anglaise.

Néanmoins, le cours de l’action est mauvais : elle a perdu 55 % en trois ans, 15 % depuis le début de l’année, et la tendance reste incertaine, comme disent les gens polis. Les actionnnaires font grise mine, puisque leur dividende, qui était de 0,75 dollars cette année (rendement, 4,8 %) ne sera plus que de 0,20 dollars l’an prochain (rendement, 1,3 %). Normal : ArcelorMittal produit trop, le prix de vente de l’acier a baissé, et les clients ne se bousculent plus pour commander. Et puis, la firme est très endettée, 22 milliards de dollars. Il va donc falloir vendre une partie des actifs. Mais à qui ? À Montebourg ? Même la vente des lunettes d’Audrey Pulvar ne renflouerait pas Arcelor.

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