Heureusement, il y a Montebourg !

Publié le par Yves-André Samère

On s’amuse bien, avec Arnaud Montebourg. Finalement, on n’a plus besoin de Sarkozy pour alimenter les chroniques des humoristes. Je sais, il y a les merveilleuses explications de Pinocchio Guéant, nous expliquant comment il avait tant d’argent liquide pour ses petits achats, et que tous ces fonds provenaient de primes qui avaient été supprimées depuis un lustre (primes que, d’ailleurs, il n’avait pas le droit de garder pour lui...). Il y a aussi l’inventive Nadine Morano, seule à prendre sa défense, et qui a fustigé la « justice de classe » qui torture son ex-collègue au gouvernement : à l’entendre, les juges de ce pays ont tous le couteau entre les dents. C’est amusant, quand on sait que seuls 33 % des juges de ce pays sont affiliés à un syndicat de gauche. Et que, au moment où Cahuzac était sur la sellette, on n’a pas entendu Nadine critiquer les juges...

Mais Montebourg, quel poète ! Capable de mentir comme un arracheur de dents et d’affirmer que son collègue Moscovici, responsable de nos finances, était d’accord avec lui – ce que Mosco a aussitôt démenti – pour empêcher Yahoo!, firme états-unienne, d’acheter DailyMotion, firme française, il a fait très fort. De tous côtés, on crie « Encore ! Encore ! Bis ! ArcelorMittal ne nous a pas suffi ! ». Montebourg au Café de la Gare, c’est pour bientôt ? Moi, je ne tiens plus.

Hélas, on vient d’apprendre que le feuilleton continue, mais exclusivement en français, puisque les Yankees ont été chassés comme en 732 les Arabes à Poitiers : il paraît en effet que Stéphane Richard, patron d’Orange, qui possède un gros bout de Dailymotion, a reçu plusieurs offres de géants européens des médias, parmi lesquels TF1, Canal+, M6, France Télévisions, Vivendi – propriétaire entre autres de Canal Plus – et Xavier Niel, via la holding Le Monde Libre (Pierre Bergé, Matthieu Pigasse et Xavier Niel). Rappelons que Niel est le patron de Free, et qu’il est capable de tout ! Mais l’offre serait moins juteuse que celle des États-Uniens. Elle n’aurait plu qu’à De Gaulle, en somme, s’il avait connu Internet (j’imagine De Gaulle lançant un tweet depuis Londres).

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