Hold-up du CIO à Londres

Publié le par Yves-André Samère

Naguère, la firme Disney, qui voulait installer dans la région de Marne-la-Vallée son parc Eurodisney, avait obtenu du gouvernement Fabius des droits exorbitants, en échange des emplois qu’il apporterait. Si bien que la zone prévue pour construire le parc était devenue une sorte de principauté où ne prévalait que la loi de Disney. La police y était faite par Disney, les règlements, valables ailleurs, en matière de logement et de travail notamment, ne comptaient plus, bref, on n’était plus vraiment en France ! Ça continue, du reste.

Eh bien, le Comité International Olympique a fait de même à Londres pour les Jeux qui viennent de se terminer. Et ce n’est pas piqué des hannetons. Je rappelle que le CIO est un organisme privé, à but hautement lucratif, et pas du tout une organisation dans le genre des Nations-Unies ! Et ses membres se payent grassement sur la bête.

En fonction de mon humeur, je donnerai quelques exemples des exigences (satisfaites, que croyez-vous ?) du CIO, dont le président actuel et son successeur à partir de 2014 ont fait de si beaux discours, le dernier soir, sur le désintéressement olympique. Commençons aujourd’hui par ceci : les Jeux de Londres ont été financés (les cons disent « sponsorisés ») par des marques commerciales, connues pour leur désintéressement : Coca-Cola, Mac Donald’s, Adidas, BP Oil ou Samsung. Et le CIO a obtenu en 2006, du Parlement anglais, le vote d’un Olympics Game Act, qui lui donnait des pouvoirs exorbitants. Ainsi, l’Olympics Delivery Authority avait à sa disposition 280 agents pour faire appliquer la réglementation en matière de commerce autour des vingt-huit sites où les Jeux se déroulaient, et le London Organizing Committee disposait d’une escouade de protection des marques, qui arpentait les rues de Londres et avait le pouvoir d’entrer dans les commerces et les locaux privés, et de saisir la justice – via des procédures d’exception accélérées – pour faire appliquer des amendes allant jusqu’à 31 000 livres si les droits de telle ou telle marque avaient été violés.

Cette répression allait jusqu’à surveiller... le langage, puisqu’il était interdit d’employer dans une même phrase deux des mots jeux, 2012, Twenty Twelve, gold, bronze ou medal. Cela semble ubuesque, mais l’association de ces mots APPARTENAIT désormais aux marques citées plus haut ! Interdit également d’utiliser tout mot dérivant de Olympic ou Olympus, et l’Olympic Kebab, l’Olympic Bar et le London Olympus Hotel ont été sommés de changer de nom sous peine d’amendes.

Je vous en dirai plus ultérieurement, et vous verrez que, jusqu’ici, ce n’était que de la petite bière – de la Guinness, puisque nous sommes en Grande-Bretagne. Naturellement, vos radios et télévisions ne vous en ont pas parlé : elles aussi sont à plat-ventre devant les marques commerciales.

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