Inexportable : la crise de foie

Publié le par Yves-André Samère

Puisque Sarkozy en est à flatter en ce moment le dictateur chinois pour lui fourguer quelques spécialités françaises (il devrait essayer de leur vendre Tapie ou Domenech), je me permets de lui dire qu’il existe une spécialité française qu’il ne parviendra jamais à vendre à qui que ce soit.

Non, je ne parle pas du Rafale, cette petite mais coûteuse merveille volante, produite par la maison Dassault, qui s’échine en vain à la fabriquer, puisqu’elle n’en a jamais vendu un seul exemplaire aux étrangers. Je veux plutôt parler de la crise de foie. Je dis bien foie, et non pas foi, donc Sophia Aram n’est pas en cause.

Le foie est un organe vital, le troisième en importance, après le cerveau et le cœur. On peut se passer de la rate, de tout ou partie de son estomac, voire d’un poumon ou d’un rein, mais certainement pas de son foie, qui est responsable d’environ cinq cents fonctions : formation d’anticorps, coagulation et anticoagulation, élimination des toxines, stockage des sucres et des graisses, sécrétion de la bile, et j’en passe. Il est aussi l’organe le plus volumineux que nous possédons, puisqu’il peut peser jusqu’à un kilo et demi. Enfin, il possède la faculté de se régénérer presque totalement, ce que le Parti Socialiste n’est jamais parvenu à faire.

C’est sans doute cette importance extrême qui lui a valu un excès d’honneur – ou d’indignité, si vous préférez : le fait qu’on lui attribue cette pseudo-maladie, provoquée par... la gloutonnerie, elle aussi spécifiquement française, et dont les symptômes sont les maux de tête, les nausées, voire une douleur du côté droit, et que les bonnes gens qui n’ont aucune chance de jamais décrocher le Prix Nobel de médecine appellent « crise de foie ». Disons-le hautement : cette croyance ne sévit que chez nous, tout comme la réputation surfaite du beaujolais nouveau ou celle concernant l’origine des Droits de l’Homme. En réalité, les symptômes décrits ci-dessus sont causés, soit par un mauvais fonctionnement d’un estomac surmené, soit par la vésicule biliaire trop sollicitée et qui décide de rendre son tablier.

Si vous avez des amis étrangers, ce dont je vous soupçonne depuis un moment, interrogez-les : la crise de foie, ils ne connaissent pas !

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