IVG : commentaire d’un commentaire

Publié le par Yves-André Samère

Contre je l’ai encore écrit récemment, je suis opposé à la censure. Cela ne signifie pas que je laisse s’exprimer, dans les commentaires déposés ici, n’importe quelles élucubrations réactionnaires. Très majoritairement, mes lecteurs, dont certains sont des amis personnels, pensent en humanistes, et c’est tant mieux.

Il n’empêche que quelques réacs me lisent, sans doute par masochisme, et m’apportent la contradiction. Si cette contradiction reste modérée, je valide leur commentaire, et j’y réponds du mieux que je peux. En revanche, s’ils perdent les pédales et se mettent à écrire des horreurs, je ne tiens pas à souiller les yeux des gens raisonnables, et la prose litigieuse va directement au panier. Inutile en effet de faire de la publicité à des opinions qui relèvent de l’extrémisme le plus condamnable. Je n’ai jamais fait ici la moindre citation des propos de l’extrême droite, notamment, et je m’efforce de ne pas nommer les gens qui les expriment.

Or ce matin, je trouve le commentaire d’un lecteur qui ne doit pas aimer beaucoup mes piques contre la religion et qui prend la Bible au pied de la lettre – ce qu’aucun homme sensé ne ferait, s’il sait lire et ne se contente pas des exégèses officielles. Mais il y a pis, car j’ai, dans les jours récents, donné mon avis sur ce que devrait être l’IVG et le remboursement dont elle bénéficie de la part de la Sécurité Sociale. J’ai donc employé le terme « IVG », en notant qu’il ne m’enthousiasmait pas et qu’il relevait de la langue de bois. Or le lecteur dont je parle, faisant mine de m’approuver, propose de le remplacer par « AVV », autrement dit, « Assassinat Volontaire de la Vie ».

Assassinat... On voit très bien à quelle faction appartient un individu qui s’exprime de cette façon. Nous en avons vu pas mal vociférer dans les rues, ces temps-ci.

Quant au mariage pour les homosexuels, dont personnellement je n’ai jamais dit que c’était une grande cause nationale (c’est une PETITE cause nationale), mais qui ne saurait être refusé au nom de l’égalité des citoyens devant la loi, le même lecteur estime qu’à défaut de « démarier » les couples déjà unis, « on ne devrait plus autoriser d’autres cas », et que la loi qui l’a enfin autorisé devrait être annulée comme « manifestement contraire à l’intelligence ». Il serait donc conforme à l’intelligence d’interdire à certains ce qu’on permet à d’autres, au nom d’une particularité dont ils ne sont en rien responsables et qui ne nuit à personne.

Et si on redéfinissait plutôt l’intelligence ?

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

L
Bonjour<br /> Je viens de lire votre post en réaction à mon commentaire sur un post précédent. Votre réaction me surprend, peut-être me suis-je mal exprimé? Ai-je donné des exemples trop "caricaturaux"? En fait,<br /> pour moi la pensée unique est une langue de bois, un formatage. Il est intéressant de vous lire même si je ne partage pas toujours vos avis, ils sont souvent censés mais reconnaissez-le aussi<br /> partiaux.<br /> Libre à vous de ne pas publier mes commentaires que vous préféreriez écrits par vos amis, c'est vous l'administrateur et je l'accepte. Si je me permets de vous répondre parfois, ce n'est pas pour<br /> vous contredire ou vous porter préjudice ou même "souiller les yeux des gens raisonnables", ni même par masochisme. C'est simplement vous donnez mon point de vue, même sans souhait de publication.<br /> En fait, je croyais que vous étiez "ouvert" à la critique constructive pour permettre la réflexion. Écouter ceux qui ne pense pas comme vous, permet d'évoluer aussi.<br /> Si j'ai bien compris, je ne serai pas humaniste, je serai irraisonnable, extrémiste, d’extrême droite, masochiste, réactionnaire, insensé. C'est donc l'image que je donne de moi? Je vais réfléchir<br /> à cela pour me remettre en question... Toutefois, je penses que l'on peut être contre des arguments sans pour autant discréditer la personne qui les dits... Cela revient à dire, ses arguments sont<br /> erronés car c'est une mauvaise personne, c'est un peu court, mais c'est souvent ainsi que font les médias...<br /> Quand à l'exemple de l'IVG, je voulais simplement dire que ce terme pourrait être différent suivant de l'endroit ou on se place. Si on considère que la vie est antérieure à la naissance, si on<br /> considère que l'interruption est volontaire (par une personne autre que le foetus), si on considère que cette interruption a vocation à tuer, si on considère que cette interruption est préméditée,<br /> cela constitue un assassinat (= meurtre avec préméditation). C'est de la logique, ce sont des notions juridiques (mis à part la notion de naissance quoique la perte d'un enfant non né peut faire<br /> naitre des dommages et intérêts...). Si on considère que l’État incite à l'IVG, dans cette même logique on pourrait penser que c'est le plus grand crime contre l'humanité commis... des millions de<br /> morts...<br /> Mais pour accepter cette définition, il faut remettre en question la notion de liberté et de droit qui découle de la présentation médiatique et officielle de l'IVG. Je comprends que cela bouscule<br /> le raisonnement.<br /> Concernant,le mariage pour personnes du même sexe, mon argumentaire est le même que celui apporté par les pro-mariage gay, c'est à dire le respect de la loi, puisqu'il s'agit de se baser sur le<br /> point de la légalité. Puisque les pro-mariage gay considèrent que la notion de mariage n'est pas supérieure à la loi ou à la constitution, il est envisageable si on est républicain de prendre le<br /> chemin inverse car une loi peut être abrogée . Le principe de non rétroactivité empêche le "démariage". Désolé mais c'est juste une notion juridique, ce n'est pas de l’extrémisme. On ne peut pas<br /> dire que la loi accorde des droits puis refuser la possibilité qu'une autre loi les supprime, pourtant cela est constant au cours de l'histoire... Le motif "manifestement contraire à<br /> l'intelligence" est tiré par les cheveux pour amener à la réflexion. En gros, tout dépend d'où on se place, dans le temps, l'espace.<br /> En effet, pour ceux qui pensent que le mariage pour les personnes de même sexe n'est pas "intelligent" car il contrevient à la notion de logique et de biologie.<br /> Le raisonnement des "pro" était, le mariage dépend de la loi, c'est ce qu'à déclaré le Conseil Constitutionnel. Or cet argument est contestable "intelligemment". En effet, si une loi avait dit que<br /> 2+2 =5 ; le conseil constitutionnel aurait eu le même argument, cela ne dépend pas de sa compétence. En fait, la nuance est la. Quand à qualifier les individus en fonction de leur préférence<br /> sexuelle, et d'accorder des droits donc des obligations en fonction de celle ci est à mon avis très dangereux. En face de moi, je préfère voir des personnes que des homos ou des héteros...<br /> Je suis désolé si je vous ai bousculé dans votre façon de penser, peut être comprendrez vous mon point de vue, ou pas. Mais il était nécessaire que je vous précise que mes exemples étaient basés<br /> sur la logique, le juridique et pas sur une prétendue appartenance à une faction d'extreme droite réactionnaire.<br /> Merci<br /> Bonne journée
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