J’irai là où mes potes iront

Publié le par Yves-André Samère

Croisé rue Thorigny un individu qui téléphonait en marchant, comme les deux-tiers de la population. De ses borborygmes, j’ai saisi au vol qu’il parlait de ses « potes ».

Pote... Voilà bien un terme qui me flanque de l’urticaire. Issu de l’argot des truands, il avait été (logiquement) popularisé par S.O.S. Racisme, cette association qui n’était qu’un faux nez de la bande à Mitterrand, et n’avait servi qu’à enfoncer dans la tête des jeunes que la Mitte était la réincarnation du Messie, ou peu s’en fallait. On a bien vu, par la suite, que son chef présumé, Harlem Désir, n’ambitionnait que de faire partie des éléphants du Parti Socialiste. D’ailleurs, il croit pouvoir succéder à Martine Aubry comme Premier secrétaire de ce parti, mais il se fait des illusions, elle en préfère un autre.

Ce rabaissement sémantique de ce qui devrait être désigné par ami ou copain, c’est un indice du renversement des valeurs, renversement qui a des côtés absurdes, ce pour quoi je m’y intéresse présentement (sinon, vous pensez bien...). J’ai rencontré un gars, fils d’hôtelier dans le Gers, et qui, parlant de son meilleur ami, disait « C’est un copain », puis, mentionnant ses autres relations, précisait, d’un air un peu dégoûté : « Les autres, c’est des amis... ». Il y a aussi ces demeurés qui, pour désigner la fille qu’ils aiment et avec laquelle ils envisageraient bien de passer le reste de leur vie, disent que c’est leur copine.

Mais j’ai tort, manifestement. Je vais changer d’attitude. Désormais, je trouverai normal que Liliane Bettencourt – chère tante Liliane – parle de sa propriété de Neuilly comme de sa piaule, que Carla Bruni déclare passer ses vacances dans le cabanon de ses vieux au Cap-Nègre, et, pour ma part, lorsque je déciderai d’aller aérer ma Bentley le week-end à la chasse en Sologne, je dirai à mon chauffeur de sortir la caisse – voire la chiotte – de son garage.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Je l’ai vu, cette affiche, et j’y ai pensé immédiatement ! Ce type a 49 ans, il pourrait penser à s’exprimer autrement, à présent.
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J
Tu vas adorer l'affiche publicitaire pour l'émission de Ruquier sur Europe 1.
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Y
Si « copain » est dénué de toute valeur sentimentale (amoureuse), je trouve que « collègue » est acceptable. Un collègue est un copain de travail, en quelque sorte.
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D
Vers Marseille, pour "copains" on dit "collègue". Ce qui déstabilise au début.
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