Je ne me fous pas des J.O.

Publié le par Yves-André Samère

Puisque les Jeux Olympiques commencent aujourd’hui, c’est le moment de se procurer le pamphlet dû au cher Albert Jacquard, Halte aux Jeux !, sans doute introuvable en librairie, peur-être chez les bouquinistes, mais disponible sur Amazon (très cher, hélas, les vendeurs privés profitent de l’occasion, mais si vous avez un Kindle, il ne coûte quasiment rien à télécharger). Jacquard, scientifique éminent et très orienté à gauche, a cet avantage sur les pamphlétaires ordinaires : il sait trouver les bons arguments. Or, des arguments contre les J.O., ça ne manque pas.

À défaut, je replace ici ce qu’avait écrit naguère un chroniqueur du « Canard enchaîné » : que, lorsqu’une naïade émergeait de la piscine un quart de seconde avant ses concurrentes, ce qui plaisait aux foules, ce n’était pas l’exploit, mais que cela faisait « bisquer la peuplade d’en face ». On ne saurait mieux qualifier le nationalisme qui pourrit cette manifestation de vanité collective.

Terminons avec une autre occasion, mais celle de se marrer. Savez-vous qu’au moins un chef d’État a participé aux Jeux Olympiques ? Pas comme chef d’État (quoique...), mais comme sportif ! Il s’agissait de... Néron, empereur de Rome. Il s’était rendu à Olympie pour concourir dans l’épreuve de la course de chars. Et, bien qu’il soit tombé de son char pendant le parcours, on l’a déclaré vainqueur, histoire de lui faire plaisir. On savait rire, en ce temps-là.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Quand je me casse les yeux sur des écrans cathodiques, ce n’est pas pour regarder ce qu’on a le culot de qualifier de « sport », mais pour revoir du Renoir, du Visconti (qui a été
assistant de Renoir) ou du Max Ophüls. Néanmoins, je vais tâcher de dénicher une compétition de hockey sur glace, si ça existe. À défaut, du curling.

Et puis, il est fou, Afflelou.
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B
« du pain et des jeux » et bientôt, pourquoi pas, « des jeux mais plus de pain » car le FMI, la Troïka, la BCE, le FESF, Bilderberg et Mme Merkel seront passés par là. Quand je pense que nous
sortions à peine de vingt-quatre jours de folie footballistique organisés dans ces merveilleux pays que sont l’Ukraine et la Pologne. Quelqu’un m’a soufflé dans le creux de l’oreille que ces deux
pays avaient une frontière commune avec la Birmanie. Il faudra que je révise ma géographie grâce au géant de Mountain View et, cerise sur le gâteau, Google Maps me donnera gratuitement les adresses
des McDo et des DHL du coin. Vingt-quatre jours, disais-je, pendant lesquels des millions d’en Fans (en me relisant je m’aperçois que j’ai mis une apostrophe et un n de trop) se sont cassés les
yeux sur des écrans catholiques. Ces Euros 2012 de Foot terminés, il y avait affluence chez les opticiens pour s’acheter des bésicles. Saviez-vous que l’on obtient une deuxième paire (de lunettes,
bien sûr, et non ce à quoi vous pensiez) pour 1 € de plus chez tous les bons opticiens ? Les mauvais opticiens n’en donnent pas, ils les gardent pour eux. Ce cher Albert Jacquard a bien raison :
halte aux jeux.
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