Je peux aider le gouvernement

Publié le par Yves-André Samère

Aujourd’hui, j’ai voulu revoir Plein soleil au Latina. Le programme annonçait que le film passait à midi, mais, lorsque je suis arrivé à la caisse, le caissier m’a dit que le film devait être projeté à midi moins le quart ; néanmoins, comme aucun spectateur ne s’était présenté, la projection n’avait pas commencé ; de sorte qu’il est monté à la cabine – il est aussi projectionniste – afin de lancer le film rien que pour moi. Et sans les publicités ! Ils sont toujours gentils, au Latina. Et de ma part, publicité gratuite.

Mais l’important est ceci : voilà au moins la troisième fois en une semaine que je me retrouve seul spectateur dans une salle de cinéma (je n’ai pas encore vérifié à l’Olympia ni à Bercy). De sorte que j’en viens à penser qu’il émane de ma personne des ondes négatives éloignant autrui. Le phénomène est-il quantifiable, comme on dit chez les scientifiques ? Et se produit-il partout, quel que soit l’environnement ? Je compte commander une enquête. Mais, d’emblée, j’écarte l’éventualité de ce gag vu dans le premier épisode de la série télévisée Malcolm in the middle : le personnage de Malcolm est un enfant doté d’un Q.I. de 165, et dès qu’il paraît quelque part, tous ses camarades de classe s’écartent de lui, si bien qu’il se retrouve au centre d’un espace circulaire et vide de plusieurs mètres. Mais non, je ne suis pas Malcolm !

En tout cas, si le phénomène se vérifie, j’ai l’intention de proposer mes services à madame Taubira. Voilà des mois que LE ministre de la Justice se lève la peau pour tenter de vider les prisons françaises. Pourquoi, alors, ne pas essayer de m’incarcérer dans une prison ? Par exemple à la Santé, qui présente l’avantage de ne pas se trouver en province ? La chose ne m’effraie pas, j’ai déjà été jeté en cellule, pour insolence envers l’Autorité, et dans un endroit pire que celui-là (je ne plaisante pas du tout).

Je vois ça d’ici : en un rien de temps, c’est, non seulement ma cellule, mais tout l’étage qui se désertifie ! Peut-être va-t-on me déclarer d’utilité publique. Imaginez qu’une manifestation monstre est en vue – contre le gouvernement. Si-si, c’est possible. Le ministre de l’Intérieur me contacte et m’envoie au-devant des manifestants, qui aussitôt se dispersent. Bilan : pas besoin de CRS, pas de violences, et une économie substantielle.

Mais alors, je réclame la Légion d’Honneur.

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