Jean-Bart, corsaire. Jeambar, pirate

Publié le par Yves-André Samère

Aujourd’hui, nous avons pu entendre M. Denis Jeambar déclarer à la radio qu’il avait été « en charge de plusieurs journaux ». Ce Jeambar fait autant de bien à la langue qu’un pirate aux finances des malheureux producteurs de musique. Mais il n’existe pas d’Hadopi du français.

Curieux... Il y a quelques années, en n’entendait JAMAIS ce type de charabia. Ne cherchez pas, c’est un anglicisme ! Et les quelques personnes qui restent capables de parler un français à peu près correct savent très bien que, plutôt qu’être en charge de quoi que ce soit, on en est RESPONSABLE.

Ne croyez pas que je déteste l’anglais. Je l’aime, au contraire, pour des tas de raisons : sa musique, ce qui fait que tant de chanteurs français écrivent leurs chansons en anglais, ou qu’on reconnaisse un texte de Shakespeare sans même avoir à connaître sa traduction ; sa concision (permettant d’éviter des expressions comme annonce DE l’augmentation DU prix DES articles DE sport DE haut niveau) ; la brièveté de son vocabulaire, où abondent les mots de deux ou trois lettres. Sans compter sa curieuse prononciation, qui fait la joie des amateurs d’absurdités : combien de Français savent prononcer correctement un nom aussi connu que Greenwich ? Non, on ne dit pas grinouitche !

Je ne déteste pas l’anglais, non, et je ne vous reprocherai jamais d’être parti en week-end pour faire du surf. Ce que je déteste, c’est l’emploi inutile de mots anglais, par bêtise ou snobisme (pourquoi vouloir réussir un challenge, quand un défi est aussi excitant à relever ?) ; ou le fait que, victime d’un faux ami, on délaisse un terme bien français, connu de tout le monde, au profit d’un mot qui semble lui être équivalent, mais ne l’est pas, comme opportunité mis pour occasion ?

Naguère, ce genre de bourde était le fait de personnes peu cultivées. Aujourd’hui, même les gens cultivés tombent dans ce travers. Le panurgisme est décidément la chose au monde la mieux partagée. C’est dans son célèbre 1984 que George Orwell a écrit que « l’introduction de mots nouveaux ou la suppression de mots anciens dans le langage sont un puissant moyen de manipulation des esprits ». Et Albert Camus : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ». Même si ce dernier exemple a reçu un opportun coup de pouce.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
<br /> Amoureuse de la langue anglaise, je ne peux qu'être d'accord avec vous.<br /> Relisons les "femmes savantes"...<br /> En ce moment, une atrocité me scie les oreilles "c'est quoi ..." ton assurance, ta voiture, que sais-je.<br /> <br /> <br />
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