Jeanne la Pucelle : quelques précisions

Publié le par Yves-André Samère

Le procès en réhabilitation de Jeanne la Pucelle a été ordonné par le roi Charles VII vingt ans après sa mort. La raison ? Pas la reconnaissance d’avoir été sacré à Reims grâce à elle, mais l’irritation d’entendre sans cesse dire par ses adversaires qu’il devait son trône « à une sorcière ». Il fallait donc la débarrasser de cette étiquette infamante.

Les témoins ont insisté sur le fait que Jeanne « était une bergère ». Or, lors de son procès, elle a précisé plusieurs fois qu’elle n’a « jamais gardé d’animaux ». Après tout, fille d’un homme qui était le bourgmestre du village et louait l’un des deux châteaux du patelin, elle n’était pas contrainte à cette humble tâche. L’un des propagateurs de cette légende est Perceval de Boulainvilliers, chambellan du dauphin Charles, et il a commencé à la répandre en 1429. C’est lui seul qui a prétendu que Jeanne était née « le Jour des Rois », donc le 6 janvier, mais elle-même était incapable de seulement dire en quelle année elle avait vu le jour. En fait, une plaque apposée sur le parvis de la cathédrale de Toul laisse entendre que, « s’étant présentée seule lors d’un procès matrimonial intenté par son fiancé en 1428, etc. », elle aurait donc été majeure et émancipée de la responsabilité parentale à ce moment-là (vingt ans selon le droit local), et serait donc née, au plus tard, en 1408 – à une date restée inconnue. Précisons que ce procès en rupture de promesse de mariage, elle l’a gagné, car le fiancé abandonné par elle a été débouté. Je n’invente absolument rien, renseignez-vous.

Enfin, notons qu’en 1458, le pape pensait que l’affaire de Jeanne avait été montée de toutes pièces par un noble, pour tenter de surmonter les divisions qui affectaient le camp français : cela comprit notamment sa formation militaire par un capitaine, Robert de Baudricourt, responsable militaire pour le roi dans la région, à qui Jeanne, à Nancy, a demandé, en présence du duc de Lorraine, de lui faire rencontrer le roi. Et puis, Jeanne savait monter à cheval et porter les armes. On en conclut qu’elle a été formée par Baudricourt pour tenir un certain rôle. En effet, deux officiers, Bertrand de Poulengy et Bertrand de Metz, qui servaient sous les ordres de Baudricourt, se rendaient régulièrement à Domrémy (confirmé lors du procès en réhabilitation), avant qu’elle quitte définitivement cet endroit.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :