Jésus dans « Secrets d’histoire »

Publié le par Yves-André Samère

 

Je craignais le pire, c’est-à-dire une simple redite des légendes, lors de Secrets d’histoire, hier soir sur France 2, émission consacrée à Jésus, et sachant qu’il n’existe aucun document sur l’homme, aucun témoignage, hors celui de la Bible... qui est tout sauf un livre d’histoire ! Comment considérer comme témoins une foule de gens anonymes, écrivant à différentes époques et dans différentes langues, sur des évènements qu’ils n’ont pas connu et sur un personnage dont rien n’affirme qu’il a réellement existé ?

Or, contre toute attente, l’émission a été honnête et n’a pas fait l’impasse sur les invraisemblances de la Bible et les approximations dont l’Église (surtout catholique) s’est rendue coupable. Par exemple, sur l’année de naissance de Jésus et sur le jour de cet évènement : plusieurs historiens et scientifiques ont fait valoir que Jésus étant né sous le règne d’Hérode le Grand qui est mort en -4, la date de sa naissance doit probablement être reportée à -7, ce que j’écris dans pas mal d’articles. De même, que le 25 décembre, date invraisemblable pour faire paître des moutons dehors la nuit, a été choisie en fonction du solstice d’hiver et des autres religions, notamment celle de Mithra, qui utilisaient aussi cette date. Déjà, les « pères de l’Église » faisaient de la communication ! Mais je remarque qu’il a fallu attendre que l’ancien pape Benoît XVI reconnaisse que ces dates étaient fausses, pour qu’on se décide à le dire à la télé française...

Jusqu’aux prétendus miracles de Jésus qui ont été passés au crible : guérisons, transformation de l’eau en vin, etc. Des explications ont été données, à diverses époques, et la télévision les a reprises. Et la prétendue virginité de Marie et la question des frères de Jésus n’ont pas été passées sous silence.

Restaient donc criticables, malgré tout, les grosses sottises du commentaire dit par Isabelle Benhadj (écrit-elle son texte ?) et par un des historiens. Fautes de français : « Pourquoi l’Évangile imagine-t-ELLE que, etc. ». Fautes de logique : « -7 AVANT Jésus-Christ » (soit c’est « 7 avant J.C. », soit c’est -7, mais pas un panachage des deux), ou l’éternelle erreur d’arithmétique, « l’an zéro » (il y a l’an -1, suivi de l’an 1, mais, entre les deux, l’instant zéro ne dure pas un an, c’est un espace de temps infiniment court). Fautes historiques : « Nous savons que sa petite enfance s’est déroulée à Nazareth » : justement, nous ne le savons pas, car les traducteurs ont confondu Nazôréen, qui désigne l’adepte d’une certaine secte, ou Nazarénien, qui serait le nom des habitants de Nazara dont on ne sait rien, avec celui des habitants de Nazareth, village dont on n’est pas certain qu’il existait à l’époque (aucune trace archéologique). Jamais les Évangiles ne mentionnent « Jésus de Nazareth » ! Vérifiez.

Détail important, qui n’a pas été omis : Jésus refusait de se dire le messie – mot qui désigne un chef à la fois religieux et politique , et que ses disciples l’appellent ainsi. Or il insistait sur le fait qu’il ne voulait jouer aucun rôle politique.

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