Journaliste courageux

Publié le par Yves-André Samère

Hosanna in excelsis Deo ! Si, en titre, j’ai choisi cet oxymore, c’est pour la raison suivante : hier matin, un journaliste de France Inter a fait preuve d’héroïsme. Il s’appelle Philippe Lefèvre et faisait un sujet sur l’obsolescence programmée des appareils ménagers. En clair, les industriels s’arrangent pour que les zinzins vendus par eux tombent en panne assez rapidement, et surtout, que les pièces détachées destinées à les réparer ne soient plus, très vite, dans le commerce. Conséquence : vous devez racheter un autre appareil pour remplacer celui qui ne marche plus.

Je connais la chanson. Ma chaudière murale, installée dans ma cuisine, a été fournie (avant que j’habite mon appartement actuel) par la firme ELM Leblanc, et mon contrat prescrit que j’ai droit à une visite gratuite annuelle par un de leurs techniciens. Or, chaque année depuis quatorze ans, le technicien qui passe chez moi (et n’y reste pas plus d’un quart d’heure, au prix de cent euros par an) me dit gentiment que ma chaudière, qui fonctionne parfaitement, risque un de ces jours de tomber en panne, et que je ferais bien de la remplacer. Quatorze ans, et ce refrain n’a jamais manqué au programme. De toute évidence, l’homme a la consigne de servir ce type de salade à tous ses clients. Je m’y attends et ne réponds rien.

Bref, le Philippe Lefèvre dont je parlais en commençant a casé dans son papier la phrase suivante : « Pour les industriels, c’est un sujet tabou, au point d’ailleurs que le tout-puissant GIFAM, le syndicat des fabricants d’électro-ménager, a refusé de répondre à nos questions ».

Vous avez bien lu : au contraire de la totalité de ses confrères, ce journaliste a osé employer le mot REFUSER. La règle, qui n’a cours qu’en France, impose de dire que celui qui refuse de répondre à une question n’a PAS SOUHAITÉ répondre. En obéissant à cette coutume qui n’est codifiée nulle part, la coterie journalistique prouve que la lâcheté est la première qualité qu’on attend d’un professionnel de l’information.

Je demande pour Philippe Lefèvre la Légion d’Honneur, puisque Michèle Cotta et Alain Duhamel l’ont reçue dans la promotion de Pâques.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Ce mot "refusé" veut tout dire de la part des constructeurs. Mon lave-vaisselle m'ayant lâchée au bout de 6 ans, j'ai récupéré celui de mes parents qui a... 20 ans, et marche comme au premier
jour.
Cherchez l'erreur.
Par contre, une cafetière à dosettes a flanché au bout de 6 mois. Première réparation sous garantie. A reflanché au bout de 3 mois. Deuxième réparation avec changement de tout le fourbi.
L'obsolescence programmée avait décidé d'avoir de l'avance. Hé oui, les constructeurs peuvent se prendre les pieds dans le tapis.
Par ailleurs, les constructeurs de voitures doivent fournir les pièces détachées pendant 10 ans après la mise en circulation du véhicule. Mouais. Renault ne fabrique plus une durite essentielle
cinq ans après ladite mise en circulation. Résultat : véhicule à la casse. Il faudrait faire un procès, etc. etc. mais qui va gagner contre ce mammouth, nous, pauvres petits artisans ? (il
s'agissait d'une camionnette).
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