Journaux  : une loi absurde

Publié le par Yves-André Samère

Il y a une semaine, j’ai parlé des kiosques à journaux, et je rappelais que le métier de kiosquier n’est pas tout rose, car fatigant et mal rétribué.

Or l’année 2012 a été difficile pour la presse en général, et pour les vendeurs encore plus, car les grèves à répétition chez Presstalis (la société qui distribue les journaux et approvisionne les marchands) ont multiplié les kiosques vides. Pourtant, les multiples élections de cette année 2012 auraient dû favoriser les ventes. On prévoit que l’année en cours, qui n’aura pas d’élections importantes, sera encore moins favorable...

Il existe un autre facteur dont je n’ai pas parlé, c’est la loi Bichet. Votée en 1947, elle était censée assurer le libre accès des journaux dans les points de vente. Mais, effet pervers, elle a suscité un encombrement qui n’existait pas auparavant. En clair, les marchands de journaux DOIVENT accepter qu’on leur livre des journaux qu’ils ne vendent jamais, parce que les lecteurs, soit n’en veulent pas, soit ignorent leur existence. Si bien que les linéaires des marchands (les étalages), sont encombrés de ces journaux qui prennent de la place au détriment de ceux qui se vendent, et retourneront à l’expéditeur sous forme d’invendus. Il semble que ces journaux ignorés représentent plus de la moitié, voire les deux tiers des livraisons.

J’en ai d’ailleurs fait personnellement l’expérience : je désirais savoir si un journal auquel j’avais refusé de collaborer se vendait. L’ayant vainement cherché – pour voir, pas pour l’acheter – dans une librairie assez fréquentée, je me suis adressé à la caisse, et le libraire, après avoir fouillé un peu partout, a déniché UN exemplaire dudit journal, enfoui sous une pile d’autres canards aussi recherchés, c’est-à-dire pas du tout. Comme il s’agissait d’un mensuel, cette feuille de chou a dû rester là un mois, avant d’être renvoyée à l’expéditeur, et d’être remplacée par le numéro du mois suivant, qui n’a pas dû se vendre davantage ! La fois suivante, je suis allé directement à l’endroit susdit, et y ai constaté en effet que la « succession » prévue avait eu lieu.

C’est ainsi, toujours et partout. Faites l’expérience chez votre marchand.

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