L’eau et les paroles, tout gèle !

Publié le par Yves-André Samère

Vu près de chez moi une affiche pour une pièce qui va se jouer à partir de demain au Théâtre du Rond-Point, Paroles gelées. On reconnaît l’allusion à une blague de Rabelais, dans le Quart livre, où il prétend que, dans tel pays très froid, les voix de peuples disparus se sont transformées en glaçons, qu’évidemment on peut dégeler afin d’entendre ce que disaient les chers disparus. La pièce n’est qu’une reprise d’un spectacle qui avait été joué en 2012, mais peu importe.

Cela m’a rappelé, mais en moins drôle, cette « mer coagulée » dont avait fait état Pythéas, géographe grec et marseillais du quatrième siècle avant notre ère, qui s’était fait traiter de « fieffé menteur » et de « charlatan de profession » pour avoir raconté qu’au cours d’un de ses voyages au nord de la Grande-Bretagne, où il découvrit Thulé, il avait vu la mer coagulée, ce qui l’empêcha de poursuivre vers le nord, si bien qu’il bifurqua vers l’est, la Baltique et la Vistule. Or Pythéas était le contraire d’un plaisantin, il a été le premier à établir la latitude d’une ville, la sienne, Marseille ; à établir la corrélation entre les marées et l’attraction lunaire ; et à observer que l’Étoile polaire ne se trouve pas exactement au nord.

Cette mer coagulée, bien que le mot ait été mal choisi, était en réalité parsemée de débris de glace provenant de la banquise, phénomène que Pythéas n’avait bien sûr jamais vu. De l’iceberg qui a envoyé le « Titanic » par le fond, il aurait peut-être dit que c’était un gros caillot.

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