« L’empire des croyances »

Publié le par Yves-André Samère

Entendu hier matin Gérald Bronner sur France Inter, cognant très sainement sur le mythe des bobards et des complots, mythe très actif dans les médias, du type « Elvis Presley n’est pas mort » ou « Le gouvernement des États-Unis a organisé les attentats du 11 septembre 2001 ». Sans oublier la célèbre fin du monde prévue par les Mayas pour décembre 2012, qui n’est plus à vanter. Ces imbécillités font pas mal d’adeptes, et j’ai ainsi un ami qui me fait passer tous les articles que des zozos lui envoient, et dont le plus rigolo prétendait que le mariage d’Alassane Ouattara, actuel président de Côte d’Ivoire, a eu lieu en octobre 1990 à Neuilly-sur-Seine et a été célébré par le maire, Nicolas Sarkozy lui-même. Ce qui est faux, et c’est facile à vérifier : il s’est marié le 24 août 1991, pas à Neuilly mais à la mairie de Paris-seizième, Sarkozy étant absent.

Donc, Gérald Bronner, qui a publié en novembre L’empire des croyances, y analyse entre autres la fascination qu’exercent sur les foules crédules les récits de fins des temps. Souvenez-vous des « terreurs de l’an 1000 », qui n’ont jamais eu lieu ! Et au passage, il cite le fameux mythe de la Nature (avec un grand N), qui, bienveillante à n’y pas croire, fait tout très bien alors que les hommes s’acharnent à tout détruire, à commencer par de nombreuses espèces animales.

Or, là encore, c’est faux. Toute seule comme une grande, la Nature a détruit d’innombrables espèces animales, sans que les hommes y mettent leur grain de sel. Quant aux bienfaits dont elle nous comble, j’en ai déjà donné une liste (tremblements de terre, cyclones, éruptions volcaniques, refroidissement climatique, épidémies, etc.), inutile d’y revenir. Ce ne sont pas les hommes qui ont inventé la peste, la lèpre, le sida, ou encore la grippe espagnole de 1918-1919, laquelle a fait entre 30 et 100 millions de morts...

Ce n’est pas pour rien que j’ai rédigé ici 520 notules visant les absurdités, sur un total, à ce jour, de 3759 articles.  Si bien que, lorsqu’on me sort celle-ci, émanant généralement d’un militant écologiste, selon laquelle « il faut respecter les volontés de la Nature », j’ai l’habitude de proposer ce questionnaire à mon interlocuteur si bien intentionné :

① La Nature a-t-elle des intentions ?

② Si la Nature a des intentions, qui peut se vanter de les connaître ?

③ Si la Nature avait des intentions et que nous les connaissions, pourquoi devrions-nous lui obéir, vu son magnifique bilan ?

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Telle que décrite par vous-même, la Nature prend la place d'une déesse plutôt que d'une réalité tangible. Et c'est ainsi que tous ces gens nous intoxiquent : la Nature, la mère, la toute-puissante
divinité qui nous nourrit et nous héberge, un Tout à préserver...
Et si on mettait du "rien" à la place ? Ce seraient plutôt des éléments qu'il faut aimer ou détester, combattre ou préserver ?
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