L’horreur de sœur Sourire

Publié le par Yves-André Samère

Non, l’horreur n’est pas ce que vous croyez, sa chanson Dominique...

Jeanne-Paule Marie Deckers, religieuse belge qui avait en religion le nom curieux de Luc-Gabriel, avait pris pour pseudonyme celui de « Sœur Sourire », qu’elle n’avait pas choisi et qu’elle n’aimait pas, le trouvant ridicule. Les anglophones la surnommaient « The singing nun », puisqu’elle devint célèbre dans la chanson – et vedette de Philips, qui l’exploita et l’escroqua honteusement. Mais elle ne se doutait pas, de son vivant, que sa chanson la plus connue, Dominique, finirait en guise de leit-motiv dans une série d’horreur aux États-Unis !

En effet, sa chanson revient dans les six premiers épisodes, ainsi que les deux derniers, de American horror story: Asylum, dont les treize épisodes de la saison 2 passaient jusque hier soir sur la chaîne Ciné+ Frisson. Elle était censée être le seul disque que possédait un asile d’aliénés, propriété de l’Église catholique, où les malades étaient traités encore plus mal qu’au défunt bagne de Cayenne. On passait ainsi la chanson en fond sonore, pour leur seule distraction ! Et ne me faites pas dire que, de toutes ces horreurs, c’était la pire...

La série avait pour auteur Ryan Murphy, un scénariste-producteur de bas étage mais qui a connu un énorme succès avec une série racoleuse sur la chirurgie esthétique ayant duré six saisons, Nip/Tuck, propre à montrer des charcutages horrifiques, mais où des vedettes, dont Catherine Deneuve, n’ont pas craint de s’exhiber. Il y a aussi une série assez stupide pour teenagers, Glee, qui dure encore, et qui exploite sur le mode chorégraphique les succès de la chanson de variétés, dans le cadre d’un lycée à la manière états-unienne, où l’on ne voit aucun professeur, aucune salle de classe, et où les seules activités semblent être le football et les répétitions d’une chorale.

Je ne suis pas de ceux qui se moquent de Sœur Sourire. C’était une femme aimante, ouverte, artiste, et elle a consacré sa vie à la musique et aux enfants autistes. Ruinée, elle s’est suicidée sans savoir que la Société belge des auteurs, compositeurs et éditeurs, s’apprêtait à lui remettre un chèque qui couvrait près de six fois le montant de ses dettes !

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