L’horreur médiatique

Publié le par Yves-André Samère

La semaine dernière, une affaire horrifique s’est répandue dans les journaux et radio-télés : un couple stérile ET en mal d’enfants (ce n’est pas forcément lié) s’était adressé à une mère porteuse pour qu’elle leur loue son ventre. Pas en France où cette pratique est interdite (et le restera, si l’on en croit les promesses de François Hollande, et pourquoi ne croirait-on pas aux promesses de François Hollande ?), car le couple était australien, si je ne m’abuse, et la mère porteuse, thaïlandaise. Ces gens-là ne sont pas comme nous.

Or, le jour prévu pour la livraison du colis, il s’avéra que la mère porteuse avait mis au monde DEUX bébés, et que l’un des deux était trisomique. Les médias nous ont donc rapporté que le couple acheteur avait refusé le bébé malformé et porté son choix sur l’enfant normal.

Racontée ainsi, la nouvelle a soulevé un tollé. Quoi ! Les nourissons étaient donc ravalés au rang de simple marchandise, qu’on pouvait acheter, ou refuser en cas de vice de forme ? Inacceptable.

Eh bien, ce matin, nous avons eu le fin mot de l’affaire, qui reposait entièrement sur la façon dont les médias font leur travail, c’est-à-dire mal. En d’autres termes, ils ont sauté sur le scoop et n’ont pas cherché à en savoir davantage. La réalité était donc celle-ci : le couple candidat à l’adoption et la mère porteuse ne s’étaient jamais rencontrés avant cela. Tout était passé par une agence, sans doute une Bygmalion de la procréation. Après l’insémination, cette agence avait fait faire à la mère des examens médicaux, on avait découvert qu’elle allait mettre au monde un enfant trisomique, mais, pour ne pas perdre sa commission sur la transaction, l’agence n’en avait rien dit à qui que ce soit.

Si bien que la divine surprise le fut pour tout le monde, sauf pour ces honnêtes intermédiaires, qui le savaient depuis le début.

Je propose donc qu’on les rassemble, qu’on les ligote, et qu’on les asseye sur un nid de fourmis rouges. En Thaïlande, ça doit pouvoir se trouver. Quant aux journalistes amateurs de scoop et trop pressés pour faire une enquête sérieuse, une fessée administrée en place publique devrait satisfaire tout le monde.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
En France, c’est déjà interdit, du moins tant qu’on ne change pas de président, ou que le président ne change pas d’avis.<br /> <br /> Mais cette histoire s’est passée entre des Australiens et une Thaïlandaise, et eux n’ont pas la chance d’être français !
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D
Je confirme : couple stérile ne rime pas avec "mal d'enfants" !<br /> Pour cette histoire, chacun essaie de se dédouaner.<br /> 1. Mère porteuse : je l'ai su alors que le fœtus avait 7 mois.<br /> 2. Agence : la mère porteuse n'a pas voulu avorter.<br /> 3. Les parents génétiques : on ne savait rien.<br /> Conclusion, à mon humble avis, il faudrait interdire cette abomination de gestation pour autrui.
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