« La bande originale » déménage

Publié le par Yves-André Samère

Un lecteur m’avait signalé que l’émission présentée par Nagui sur France Inter, La bande originale, se tenait dans un petit studio du sixième étage, le 621. Justement, la semaine dernière, « Le Canard enchaîné » rapportait que ce studio, qui ne compte qu’une vingtaine de places assises, était difficilement rempli. Mais, dès demain, l’émission retrouve le studio 106, qui porte le nom de Sacha Guitry, studio qui compte 255 places, sauf erreur, et se trouve accolé au 105 (ils partagent la même cabine technique), avec 120 places, et qui a été baptisé du nom de Charles Trenet. Ces deux studios ont abrité des émissions historiques, avec un public, dont les plus connues ont été Des parasites sur l’antenne, produite par Thierry Le Luron, puis Le Luron de midi, suivi par Le Tribunal des Flagrants Délires, entre 1980 et 1983 (avec un entracte involontaire en 1981-1982), puis Rien à cirer, et enfin Le fou du Roi. Et, deux fois par mois, on y enregistre deux émissions pour Le masque et la plume.

Il existe d’autres grands studios à Radio France, tous accessibles par le grand hall : le 104, réservé aux concerts, et le 103 ou Grand Auditorium, le seul pourvu d’un balcon, où se faisaient les émissions de télévision de Jean-Luc Delarue et de Karl Zéro, où je suis allé souvent, et qui, en réfection, devra compter 1643 places. On avait prévu d’y installer un orgue, et cet instrument a effectivement été fabriqué, mais... on l’a revendu pour faire des économies !

Quant à savoir si Nagui et ses sbires rempliront le 106... Depuis la démission de Stéphane Bern en juin 2011 – à la suite du mensonge du directeur Philippe Val, qui lui avait promis de ne pas virer Didier Porte –, la direction n’a pas été capable de mettre sur pied une émission qui atteigne le même niveau de qualité et de satisfaction dans le public.

Radio France est immense, abrite toutes les radios de service public, et a même été le siège de FR3 et du ministère de la Jeunesse et des Sports. En comparaison, les studios des radios privées, Europe 1 et RTL, sont minuscules.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Lopez avait quelques partisans, mais il était loin de faire la majorité...

Pour ce qui est du déménagement et de ce qui l’a motivé, je pense qu’il y avait aussi des raisons matérielles, le 106 n’étant peut-être pas encore réinstallé. Mais c’est difficile de le savoir
quand, comme moi, on n’a plus mis les pieds à Radio-France après le départ de Bern et sa petite bande.

De toutes façons, les émissions publiques servent à entretenir le prestige (supposé) de la station. Quand on peut dire à l’antenne que le studio est plein à craquer, et c’était parfois vrai
(j’entrais alors avec un ami qui y faisait une chronique quotidienne), c’est bon pour l’image de la radio nationale.
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X
Je ne parviens pas à imaginer que c'est la pression populaire qui a fait déménager cette daube radiophonique dans le 106. Je ne sais pour quelle raison la direction avait confiné Nagui dans le
studio 621, à moins qu'elle n'eut voulu faire un clin d'oeil ironique à la piètre qualité de l'émission: autant qu'il y ait peu de monde qui se rende compte de la nullité du programme.
Les images diffusées sur les réseaux sociaux, même avec un cadrage serré, montre que les fauteuils n'étaient pas tous occupés.
Le plus inquiétant (pour l'image de cette radio et pour ses auditeurs) reste, comme vous le savez, l'unanimité des reproches publiés sur le site de France Inter, là-même où l'incompétent Lopez
avait ses défenseures acharnées...
X
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Y
C’était Hees. Val n’était pas à la direction, mais seulement chroniqueur, le matin.

En réalité, Bern n’a pas succédé à Ruquier. On lui a donné la place de Laurence Boccoloni, qui dirigeait une autre émission au titre calqué sur « Rien à cirer », et qui s’appelait « Rien à voir ».
Je ne l’ai pas citée, car je n’ai nommé que les émissions les plus marquantes. Or Hees trouvait Laurence vulgaire, et il l’a débarquée en catastrophe, en milieu d’année, le 28 février 2000. Chraz
et Didier Porte m’ont raconté que personne dans l’équipe ne l’avait regrettée, car on ne la trouvait pas sympathique. Son émission n’a donc duré que six mois. Après cela, Laurence est partie sur
TF1 pour présenter « Le Maillon faible ».

Bern a tenu onze ans et demi ! Lui et Porte ne sont pas vraiment amis, à cause de leurs idées politiques, mais ils s’estiment en raison de leurs qualités professionnelles.
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C
Qui a osé Bern, pour succèder à Rouquier je crois, Hess ou Val? Bern et Porte, impensable et pourtant, quelle réussite !
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Y
Bien sûr, que ça se prépare. Quand Claude Villers faisait « Le vrai-faux journal », il lisait tout ce qu’écrivait sa bande de jeunes auteurs (dont Ruquier), et n’en gardait que le quart.
Lui-même écrivait ses textes, bien entendu.

Bern travaille énormément et arrive à la radio vers six ou sept heures du matin. Et, qualité rare, depuis plus de quatorze ans qu’il dirige une émission publique, il n’a jamais pris la grosse tête.
Il est resté exactement le même.
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D
Il n'y a pas de miracle : une émission, ça se prépare, ça se travaille. En plus, Nagui part après 12 heures, car il doit animer une émission à la télévision. Comme vous le dites, Bern, qui ne
partait pourtant pas gagnant, a fait 100 fois mieux. Il semblait moins sous excitants illicites.
Quant on écoute l'émission de Fabrice Drouelle, à 15 heures, on voit la différence. Le défi n'est pas le même, mais pendant presque 3/4 d'heure raconter une histoire en direct et passionner le
client, c'est quand même pas mal.
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