« La dame de chez Maxim » sur France 2

Publié le par Yves-André Samère

Avant-hier soir, France 2 a diffusé la pièce de Feydeau la plus connue, la plus longue et la plus chère à représenter en raison d’une distribution pléthorique – vingt-cinq acteurs cette fois-ci –, La dame de chez Maxim. Cette même pièce, mais dans une tout autre mise en scène, était passée sur Arte le mercredi 10 juin 2009, et j’en avais dit beaucoup de mal, ainsi que du metteur en scène Jean-François Sivadier, qui avait, à mon avis, massacré le spectacle en ne respectant aucune des indications de l’auteur ; en somme, et comme souvent, le metteur en scène en savait sur la pièce davantage que l’auteur !

Voilà un reproche qu’on ne pouvait pas adresser à Francis Perrin, le metteur en scène du spectacle de ce mercredi, donné au théâtre des Variétés – celui où fut créée La belle Hélène. C’est ainsi qu’on doit représenter Feydeau, en se gardant bien d’actualiser la pièce, comme disent les cuistres, pour la bonne et simple raison que Feydeau faisait la satire des mœurs de son temps, et pas du nôtre. Or bien des choses ont changé !

En dépit d’un trou de mémoire qui a frappé Henri Guybet, lequel tenait le rôle du général, et qui a bien fait rire les spectateurs et ses partenaires – lui-même compris –, la représentation a été parfaite, et, cette fois, la Môme Crevette était jouée par une actrice qui avait toutes les qualités du rôle, et d’abord la voix : Sophie Forte, certes un peu empâtée depuis Rien à cirer (mais c’était il y a quatorze ans), n’a rien perdu de son timbre gouailleur et de son air de se moquer de tout le monde, ce qui est exactement dans l’esprit du personnage.

Je ne ferai que trois minuscules reproches à la mise en scène : avoir attribué une pantomime ridicule aux personnages de militaires, notamment le lieutenant Corignon ; avoir modifié sans nécessité la fameuse réplique de la Môme « Et allez donc, c’est pas mon père ! », remplacée par un « Et allez hop !, etc. », qui n’apportait rien ; et puis cette phrase, relevée au deuxième acte dans la bouche d’un sous-préfet s’adressant à sa femme : « Tu t’rappelles de c’que j’t’ai dit ? ». Il avait vraiment écrit cela, Feydeau ?

Un post-scriptum sans rapport avec la pièce proprement dite : France Télévisions se vante d’avoir mis en place un site, pluzz.fr, censé permettre de voir en différé, une semaine durant, les émissions qu’on aurait manquées. Or il se trouve que ce site et sa boîte de recherches ne permettent pas de retrouver la pièce de Feydeau – pas plus, d’ailleurs, que l’émission Secrets d’histoire consacrée la veille à la Palatine. On se moque du monde en faisant miroiter des avantages inexistants ? Un message adressé à France 2 m’a valu cette réponse : cette pièce, tout comme Secrets d’histoire, est protégée par des droits que la chaîne ne possède pas. Achetez les DVD, m’a-t-on aimablement conseillé. Ben voyons...

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