La Poste : on y travaille !

Publié le par Yves-André Samère

Le bureau de poste de la rue Saint-Denis est célèbre pour sa précédente « rénovation », dont je vous ai dit un mot il y a quelques années. Le chantier un peu léthargique avait néanmoins nécessité mi-décembre 2006 une fermeture des lieux, qui n’avait duré que... treize mois. Et les travaux n’avaient commencé que le 22 mai 2007, le temps sans doute de réfléchir. Notez que ce délai d’attente était parfaitement justifié : il avait tout de même fallu supprimer tout ce qui ressemblait auparavant à un guichet, et repeindre les murs. À ceux qui ne sont pas au courant, rappelons que, lorsqu’en 1781 la reine Marie-Antoinette, afin de remplacer l’Opéra qui avait brûlé (il se trouvait alors au Palais-Royal), avait ordonné la construction du Théâtre de la Porte Saint-Martin, vaste salle de mille cinq cents places qui existe toujours, le chantier n’avait duré que quatre-vingt-six jours ! Il faut croire que l’Autrichienne, comme chef de chantier, aurait fait merveille pour diriger les célèbres grands travaux que Paris s’offre périodiquement...

Durant la fermeture ci-dessus mentionnée, tout avait été fait pour que les habitants du quartier soient perturbés le moins possible : s’ils avaient une lettre à affranchir, il leur suffisait de se rendre dans un des innombrables bureaux de tabac de l’arrondissement, lesquels ne sont pas faits que pour les caniches ; et s’ils devaient retirer une lettre recommandée (puisque les facteurs ne se donnent plus le mal de délivrer ces poulets à domicile et se contentent de déposer dans votre boîte un avis prétendant que vous étiez absent), il vous suffisait d’aller retirer votre lettre à la Grande Poste de la rue du Louvre, à seulement un petit kilomètre. Et tant pis pour les mauvaises langues qui répandaient alors leur fiel, argüant que Bailly, le président de la Poste, n’avait été nommé là par Chirac en 2002 que pour dégoûter du service public les malheureux usagers – qui, du coup, se sentaient de plus en plus usagés.

Eh bien, ledit bureau de poste vient de fermer à nouveau, toujours sous le même prétexte : des travaux à y réaliser. On sent que ça va être grandiose. Et le fait qu’on ne voit aucun chantier sur place depuis la fermeture (plus d’une semaine) doit être une rumeur répandue par la concurrence des ex-PTT. En même temps que les bureaux, dont les employés se sont donc dissous dans l’atmosphère, ont été fermés les deux distributeurs de billets, si bien que vous devez, pour retirer de l’argent, descendre au quatrième sous-sol du Forum des Halles, un autre chantier dont je vous reparlerai, car c’est une éclatante réussite !

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