La presse ne sait pas compter

Publié le par Yves-André Samère

Si vous faites partie de mes (millions de) lecteurs, vous l’avez peut-être remarqué, vous à qui rien n’échappe : mon goût pour les mathématiques et pour la précision, y compris sémantique, fait de moi un redoutable pinailleur, un fendeur de cheveux en quatre, et un contestataire inlassable de ceux qui disent ou écrivent n’importe quoi.

Fort de ce que je considère comme une qualité, je me permets de vous faire observer ceci : depuis hier soir, l’ensemble de la presse radote que les deux journées sanglantes que la France vient de connaître ont causé « dix-sept morts ». Eh bien, ce que tout le monde semble considérer comme une information n’en est pas une. C’est en fait une opinion !

En effet, si les journaleux avaient dit qu’il y avait eu dix-sept victimes, il n’y aurait rien à redire, puisque c’est la vérité. Mais les trois assassins eux aussi sont morts, ce qui, sauf erreur ou réforme profonde de l’arithmétique, porte le nombre de morts à VINGT.

Et donc, ne pas compter ceux-là parmi les morts, c’est une prise de position et un jugement moral, inconsciemment bien intentionné, imité du fait que, dans les cimetières, il y avait autrefois le carré des condamnés à mort, qu’on enterrait donc à part. Aujourd’hui, c’est la presse qui se charge des enterrements, mais, comme a dit je ne sais plus qui, les faits sont plus puissants que les rois.

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