La tolérance de l’Église

Publié le par Yves-André Samère

Laissons un instant les affaires juteuses du Vatican, puisqu’on y reviendra, et, histoire de rendre service au nouveau pape qui veut une Église pauvre et honorable, voici un petit florilège de la tolérance – bien connue – de ladite Église catholique, qui pourra lui inspirer quelques pensées.

En 1893, l’évêque allemand Johann Gabriel Leo Meurin a publié La synagogue de Satan. L’association de ces deux mots, Satan et synagogue, a quelque chose de vachement sympathique, je trouve. En fait, il visait la franc-maçonnerie.

En 1869, le pape Pie IX bénit le livre de Gougenot des Mousseaux, Le Juif, le judaïsme et la judaïsation des chrétiens, d’ailleurs préfacé par le directeur du séminaire des Missions.

Du 24 août au 17 septembre 1572, lors du célébrissime massacre de la Saint-Barthélémy, les catholiques immolent en France 50 000 protestants (on en fit rôtir en plein Palais-Royal), et Catherine de Médicis, qui avait ordonné le massacre, reçut les félicitations de toutes les puissances catholiques d’Europe, dont celle du pape Grégoire XIII, lequel fit allumer des feux de joie et frapper une médaille commémorative.

Sans jamais être condamnée, loin de là, par l’Église, la « sainte » Inquisition a massacré des dizaines de milliers de gens de la fin du dizième siècle jusqu’en 1808, et le Vatican protesta énergiquement lorsque les Cortes (le parlement espagnol) la déclarèrent anticonstitutionnelle en 1813.

En 1492, Ferdinand le Catholique ordonna l’expulsion de tous les Juifs d’Espagne.

Et c’est le pape Innocent III qui, en 1215, avait imposé aux Juifs le port d’un vêtement spécial et d’un signe distinctif (l’ancêtre de l’étoile jaune, en quelque sorte), les avait soumis à un tribut d’Église, et les avait confinés dans des ghettos. Etc.

Pour ne pas vous fatiguer, je passe sur Louis IX, dit « saint Louis », et sa fameuse sentence au sujet des Cathares : « Si quiconque s’avise de médire de la foi chrétienne, il ne faut la défendre qu’avec l’épée, et on doit donner de l’épée dans le ventre autant qu’elle peut y entrer ». Déclaration qui valait bien une canonisation.

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