Langue de bois au P.S.

Publié le par Yves-André Samère

S’il y a un trait permanent chez tous les hommes politiques, c’est bien celui-ci : dès qu’ils sont élus à un poste de responsabilité, ils oublient leurs idées – qui les ont tout de même fait élire – et font le contraire de ce qu’ils annonçaient. Oh, je n’insinue pas qu’ils le font vraiment exprès, que ce sont des traîtres, des renégats, ou tout ce que vous imaginerez (ce serait mal connaître mon excellent fond) ; simplement, les promesses mirobolantes sont en général impossibles à tenir. Si bien que, au cas très improbable où je me lancerais dans la politique, je m’arrangerais pour ne JAMAIS être élu à un poste où je devrais prendre quelque décision que ce soit ! Je ne suis pas très sûr, d’ailleurs, que cette idée de vouloir perdre à tout prix n’a pas été exploitée au théâtre ou en littérature. Normal, elle ne peut pas ne pas venir à l’esprit d’un homme qui tient à éviter de devenir schizophrène.

Je profite de cette occasion pour me livrer à une petite digression : un livre est paru à la mi-août, Rien ne se passe comme prévu, qui prend pour thème la campagne électorale de François Hollande. Son auteur, Laurent Binet, un journaliste-écrivain (plus journaliste qu’écrivain, à ce qu’on dit), a suivi Hollande pendant toute cette période, avec la bénédiction de cette dame twitteuse qu’on s’obstine à qualifier de « première », et son bouquin, en fait, n’est qu’une suite de récits davantage pittoresques que riches en analyses. Or il rapporte, affirme-t-on encore, un mot de Benoît Hamon, qui fait éléphant au Parti Socialiste, et qui aurait dit que la famille des Atrides n’était que de la petite bière, comparée au Parti Socialiste ; dans lequel, on le croit sans peine, tout le monde déteste tout le monde. Les intrigues s’ajoutent aux intrigues, et l’on a vu comment, pour la succession de Martine Aubry à sa tête, Hollande, qui avait juré ne jamais vouloir de mêler des affaires de son ancien parti, a choisi le candidat dont Martine ne voulait à aucun prix, ce chauve qui porte un nom de tramway, ex-valet de chambre de Mitterrand, et qui est si transparent qu’il doit avoir du mal à se raser, le matin, devant la glace de sa salle de bains. Inévitablement, la décision prise en minuscule comité, chacun a fait mine d’en être ravi, y compris le battu. C’est une autre constante : quoi qu’il vous arrive, clamez que cela comble vos vœux les plus chers. Aucune scierie industrielle ne viendra jamais à bout du stock de bois que produit la langue du même métal.

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