Le « buzz » de la semaine

Publié le par Yves-André Samère

Le sujet qui secoue l’opinion publique, ces jours-ci, c’est cette expulsion d’une famille venue du Kosovo, et entrée illégalement chez nous il y a quatre ans et dix mois – donc, il lui manquait deux mois pour être régularisée. Ce qui « interpelle », comme on dit, c’est que la police a mis la main sur leur fille de quinze ans alors qu’elle était en groupe, avec son école, à l’occasion d’une excursion.

Je ne suis pas capable de dire où se trouvent le bien et le mal, et ne vais pas m’en mêler. Je ne taperai pas non plus sur le ministre de l’Intérieur, car il est probable qu’il n’était même pas au courant, et que seule la police et sans doute le préfet étaient impliqués. Ce qui est certain, c’est que l’imbécile à gros sabots qui a ordonné cette opération d’une exemplaire subtilité pourrait opportunément être muté aux archives ou à la circulation.

Non, ce qui m’intrigue, c’est un détail qui semble n’avoir retenu l’attention de personne. La jeune fille, en effet, a quinze ans. Or, par téléphone, elle a raconté aux journalistes qu’elle n’était pas bien du tout au Kosovo, qu’elle dormait « sur un banc » dans la rue (ce qui a été démenti, la famille a été logée dans une maison), et qu’elle se sentait seule parce qu’elle ne parle pas la langue du pays.

Bizarre...

Sauf erreur, entrée en France il y a cinq ans, elle avait alors dix ans. Comment peut-on croire qu’à dix ans, elle ne connaissait pas la langue de son pays natal ? Sa langue maternelle ! Cette jeune fille ne serait pas un peu menteuse, par hasard ?

C’est tout, je ne la condamne pas, je pose simplement la question. Et, au passage, je suggère qu’on cesse, dans les médias, de tout juger à travers le prisme de l’émotion, en ignorant les faits, y compris les plus évidents.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Yves-André Samère 17/10/2013 19:41

Eh oui, c’est tristement classique, et plutôt fatigant tant cela revient souvent. Ils sont sympathiques, ces lycéens qui manifestent, mais on leur fait faire ce qu’on veut en pinçant la corde
sensible.

DOMINIQUE 17/10/2013 15:01

Entièrement d'accord, un journaliste ne devrait pas relayer uniquement l'émotion, mais au contraire.
Une : la jeune fille est logée avec sa famille gratuitement au Kosovo pendant un an
Deux : dans le village où elle vivait, 4 familles ont été régularisées, sauf la sienne car le père ne cherchait pas à travailler et avait été reconnu comme violent. La seule famille à ne pas être
intégrée donc.
Voilà ce que j'ai pu entendre. Cela évidemment n'est pas un jugement sur la jeune fille qui fait comme elle peut pour retourner en France.
Travail que les journalistes auraient pu faire avant de larmoyer, c'est-à-dire ne parler de ce cas qu'au conditionnel avant d'avoir recueilli tous les éléments de l'histoire. Trop leur demander, je
pense.
Cela me rappelle l'histoire du papy tabassé par des cambrioleurs, en période électorale il y a quelques années. Il s'est avéré que l'histoire avait été montée de toutes pièces.