« Le Canard » devenu illisible ?

Publié le par Yves-André Samère

Si on lit « Le Canard enchaîné » au paradis, les anciens de ce journal doivent se fendre la pipe, notamment ce directeur qui la fumait réellement de son vivant, Ernest Raynaud, dit « R. Treno » (qui avait cette intéressante particularité de diriger ce journal parisien... depuis Nice, où il vivait pour raisons de santé).

C’est que « Le Canard » d’antan était fait par des rédacteurs qui savaient écrire – parfois des écrivains célèbres : Roland Dorgelès, Boris Vian, Alexandre Breffort, Yvan Audouard, Henri Jeanson (le meilleur scénariste et dialoguiste du cinéma français), et des plumes émérites mais moins connues, comme Jean Clémentin ou Pierre Châtelain-Tailhade. Aujourd’hui, le seul écrivain restant au « Canard » est Pierre Combescot, lauréat du Prix Médicis en 1986 (pour Les Funérailles de la Sardine) et du Prix Goncourt en 1991 (pour Les Filles du Calvaire), et qui fait aujourd’hui la chronique de la danse et de l’opéra, que personne ne lit. Et la plupart des autres articles sont rewrités, comme on dit en français.

Naguère, il fallait se lever de bonne heure pour trouver dans « Le Canard » une faute de français ou une énorme idiotie : cela ne devait pas arriver plus d’une fois par an. Aujourd’hui, c’est une autre paire de manches ! Sans me donner la peine de chercher, j’en ai trouvé trois dans la célèbre page 2 (celle des échos politiques) du numéro de cette semaine. Je vous les livre franco de port.

Dans l’encadré de la colonne 1, sous le titre Ni pute ni soumise, mais inspectrice, dégustez cette horrible faute, très répandue : « Non contente d’avoir été FAITE chevalier de la Légion d’honneur » (c’est moi qui souligne). Cent fois, ici, j’ai expliqué en quoi consistait la faute, je ne vous pas vous infliger une nouvelle leçon.

Dans la colonne 2, il est question de « préserver la réputation de la PREMIÈRE DAME », dont on se demande de qui il peut s’agir, puisque ce titre n’existe pas.

Dans l’encadré du haut de page, Le pacte de Marrakech, enfin, ce grand classique, Borloo conseillé de « “se densifier” pour être totalement INCONTOURNABLE ».

Fermez le ban.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
<br /> Incontournable est devenu incontournable...<br /> J'avais remarqué cette faute. Pas lu le reste, on m'a piqué le Canard ce matin.<br /> Je vais porter plainte.<br /> <br /> <br />
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