Le coupable n’a pas de cœur, messieurs les jurés !

Publié le par Yves-André Samère

Curieux fait divers entendu (partiellement) ce matin sur France Inter : un jeune homme de vingt-quatre ans, fortement imbibé d’alcool et peut-être de drogue, a brutalisé pendant des heures, et probablement violé – mais je n’ai pas saisi toute l’information – une lycéenne.

Réaction du procureur et de la presse : on a estimé monstrueux que, pendant sa déposition où il reconnaît tous les faits, le jeune homme en question ne manifeste aucune émotion. « Froideur clinique », a dit le journaliste que j’ai pu entendre.

Cela m’a rappelé L’étranger, d’Albert Camus. Dans ce roman, la cour d’assises d’Alger juge le narrateur, coupable d’avoir abattu un Arabe sur une plage. On l’interroge sur son emploi du temps, et il mentionne que, le jour de l’enterrement de sa mère, morte juste avant, il était ensuite allé voir un film avec Fernandel.

Indigné qu’on puisse avoir si peu de « cœur », le jury l’avait aussitôt condamné à mort !

À part cela, chez nous, on juge sereinement...

Publié dans Absurdités

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