Le CSA a du génie

Publié le par Yves-André Samère

Les idées géniales de nos sympathiques censeurs à la noix du CSA (oui, j’écris « censeurs à la noix », parce que je ne peux tout de même pas écrire « censeurs à la con », vu que, depuis le Paradis, sœur Emmanuelle me lit certainement), ces sympathiques censeurs, disais-je, chargés de veiller que nos  yeux et nos oreilles ne soient en aucun cas offensés par des images ou des propos obscènes, ont dans leur collimateur tout ce qui pourrait ressembler à de la publicité – non rétribuée. Non rétribuée, car, dès lors qu’un annonceur est passé à la caisse, et dût-il inciter les gosses à se gaver de saloperies sucrées qui leur flanqueront un bon diabète dans les vingt prochaines années, ils n’y voient aucun inconvénient, les censeurs, puisque chacun sait que les industriels sont gens responsables et quasiment désintéressés.

Donc, pas de publicité clandestine ! Si bien qu’on a imposé aux chaînes de télé ce truc, certainement germé dans une cervelle hors norme, consistant à modifier les reportages filmés, via une inversion gauche-droite (voire droite-gauche si vous préférez, selon vos opinions politiques) de toute image qui montrerait une  marque commerciale ou une enseigne de magasin. On le constate tous les jours, tant la chose est fréquente. Bien sûr, pas un instant les censeurs du CSA n’ont imaginé que nous serions capables de lire à l’envers, surtout si le produit ou le magasin sont archi-connus et que nous les rencontrons à tout instant. Eh oui, quelques téléspectateurs savent lire...

En soi, c’est passablement ridicule, mais parfois, plus que ridicule. Ainsi, la semaine dernière, on a pu voir dans un spot publicitaire qui passait sur Canal Plus tout une rangée de bouteilles de soda, dans une image que la régie de la chaîne avait soigneusement inversée, afin que nous ne puissions  pas déchiffrer le mot FANTA écrit sur l’étiquette. Or, pendant que les images passaient, le journaliste qui commentait le reportage lisait conscieusement son texte, et prononçait distinctement le mot qu’il ne fallait pas lire.

De l’art d’accorder ses violons...

(Et puis, il y a ces logos réversibles, comme celui de McDo. Le CSA devrait interdire aussi ces perversions palindromiques)

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