« Le diable de la République » sur France 3

Publié le par Yves-André Samère

Mercredi 30 novembre, on a pu suivre sur France 3, en première partie de soirée, une émission consacrée à la carrière de Le Pen, Le diable de la République. En dépit de ce titre pas très fin, j’ai regardé cette émission, espérant apprendre quelque chose. Mais non, rien de nouveau, on a passé en revue tous les « détails », si j’ose dire, de ce que nous connaissons de l’ex-président du Front National, rien de plus. Déception, par conséquent.

Un seul élément de cette banale récapitulation m’a intéressé : voir Le Pen catastrophé au soir du premier tour de l’élection présidentielle, le 21 avril 2002, quand il a éliminé Jospin et s’est retrouvé à devoir affronter Chirac. Le commentaire du documentaire faisait remarquer, et c’est très juste selon moi, que jamais Le Pen – ni aujourd’hui sa fille – n’a espéré accéder au pouvoir ! Et cette présence au second tour ne pouvait que l’embarrasser.

En ce sens, Le Pen rejoint le Parti Communiste. L’un et l’autre ont – ou avaient – la vocation de l’opposition, pas celle de gouverner. Deux avantages : le premier, c’est que se cantonner dans l’opposition vous épargne de devoir prouver vos capacités à résoudre les difficultés du pays ; le deuxième, c’est qu’en revanche, votre propagande peut vous permettre de gagner un certain nombre de députés, auxquels les statuts de votre parti imposent de verser une partie de leurs indemnités parlementaires à la caisse dudit parti ! Autrement dit, en dernier ressort, c’est une histoire de gros sous.

Aujourd’hui, le Parti Communiste est mort, mais les écologistes ont pris le relais, et on les a vus, récemment, saboter la tentative d’union avec le Parti Socialiste, tout comme naguère Georges Marchais tapait sur le même parti pour éviter d’avoir à participer au gouvernement. Peine perdue, d’ailleurs, car Mitterrand, en 1981, a mouillé le PC en prenant des ministres communistes avant de lui lancer le Front National dans les pattes. En fait, le bienfaiteur du FN, ce fut Mitterrand ! Sans lui, jamais Le Pen ne serait devenu ce qu’il a été ensuite. Et ce détail-là, le documentaire dont je parlais plus haut l’a bien montré.

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