Le genre de « personne »

Publié le par Yves-André Samère

Le genre de quelques noms semble offrir des difficultés à pas mal de Français. Ah, que ne sommes-nous finlandais ! En finnois, les noms ne possèdent pas de genre, masculin ou féminin ; et cette langue n’a pas d’articles non plus. Chez nous, sans aller jusqu’à reprendre les fameux quoique relativement rares « UNE tentacule », « UN urticaire » ou « UNE termite » , citons quelques fautes omniprésentes, comme « UN espèce de » ou la masculinisation du mot personne.

Ainsi, hier soir à la télévision, dans Secrets d’Histoire, nous avons entendu dire qu’un « certain nombre de personnes ont été jaloux » d’Agnès Sorel. Décortiquons ce lambeau de phrase : l’adjectif jaloux, introduit par le verbe être, est donc attribut du sujet, et doit s’accorder en genre avec ledit sujet. Mais quel est le sujet, nombre ou personnes ? Si le sujet était nombre, qui est au singulier, le verbe qui suit serait aussi au singulier. Or il est au pluriel. Reste donc candidat le mot personnes, mais c’est un nom féminin, donc jaloux devrait s’accorder et donner jalouses.

Je dois dire que j’entends cette faute quotidiennement, et ses auteurs ne semblent pas s’en rendre compte. C’est curieux, à l’époque de Molière, les domestiques parlaient un français correct ; aujourd’hui, politiques et artistes, sans parler des journalistes, criblent leur propos de fautes grossières (Ah ! les « Tu t’rappelles DE ça ? » d’Isabelle Huppert dans plusieurs de ses films...).

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