Le mentir vrai

Publié le par Yves-André Samère

Des chefs d’État qui mentaient comme des arracheurs de dents, depuis le début de la Cinquième République, nous n’en avons pas manqué, Dieu merci !

Ainsi, avant même d’être président de la République, le chef du gouvernement, Charles De Gaulle, termina son discours de Mostaganem, le 6 juin 1958, par un « Vive l’Algérie française ! » dont on a pu mesurer ensuite le degré de sincérité.

Georges Pompidou, à ma connaissance, mentit surtout par omission, en laissant dire qu’il était seulement grippé, alors que la maladie de Waldenström dont il se savait atteint et qui était incurable le tua en plein mandat le 2 avril 1974.

Giscard, lui, mentit effrontément lors de l’affaire des diamants offerts par Bokassa. Successivement, il prétendit ne les avoir pas reçus, avant d’affirmer que ces petits cailloux étaient sans valeur. Évident, ce mensonge lui coûta sa réélection.

Mitterrand mentit sans arrêt, d’abord par omission en cachant l’existence de sa fille Mazarine, qui avait déjà six ans et demi lors de son élection à la présidence ; mais il s’était fait la main longtemps avant, avec l’affaire de l’Observatoire, faux attentat contre lui qu’il avait organisé avec un complice, le député de droite Pesquet, complice qu’il accusa de tentative d’assassinat à une époque où la peine de mort existait encore ! Élu, il mentit encore sur sa santé, comme Pompidou, alors qu’il se savait atteint d’un cancer dès le moment de son élection, ce qui ne l’empêcha pas de faire publier des bulletins de santé totalement mensongers.

Inutile de rappeler que Chirac se fit en ce domaine une belle réputation, et y gagna le surnom de « Super Menteur » que nul n’a oublié.

C’est pourquoi il faut saluer Nicolas Sarkozy, qui n’a pas craint d’innover : lui ne ment pas vraiment, il dit n’importe quoi et y croit au moment où il le dit. C’est le plus sincère de tous nos présidents. Après tout, se mentir à soi-même, ce n’est pas vraiment mentir !

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