« Le monde secret du Vatican »

Publié le par Yves-André Samère

Diffusion, ce soir sur France 5, d’une émission sur Le monde secret du Vatican. Hélas, elle avait dû recevoir l’imprimatur, vu sa déférence extrême envers le « représentant de Dieu sur Terre » (sic) : pas la moindre tentative de remise en question du respect dû à Sa Sainteté (resic), non plus que des pieuses légendes sur quoi se fonde l’histoire du micro-État. Par exemple, que Simon, dit Céphas, alias saint Pierre, a été crucifié sur ce lieu même, et la tête en bas, s’il vous plaît. Or, non seulement l’histoire est plus que douteuse, mais le prétendu « premier pape » de la Chrétienté ne l’a jamais été, pour la bonne raison qu’il lui aurait fallu être l’évêque de Rome, or il n’a mis qu’une seule fois les pieds dans la Ville Éternelle, pour quelques jours seulement (il visitait la communauté chrétienne vivant sur place), et n’y est sans doute pas revenu, comme on le prétend, après l’incendie de la Ville et la condamnation, par Néron, des chrétiens locaux : ce pétochard à la réputation bien établie n’avait certainement aucune envie de partager leur martyre… La vérité est que le premier évêque de Rome a été Jacques le Juste, frère de Jésus, si toutefois l’on admet que Jésus a bien existé.

L’émission s’inspirait visiblement des procédés de Télé-Poubelle, puisque, non seulement les images étaient soutenues par une musique dramatisant tout, mais aussi, parce qu’elle était scénarisée. Ainsi, on suivait dès le début un enfant de chœur, Valentino, pensionnaire, avec quinze garçons de son âge, du Vatican, où il était entré à quatorze ans. Son seul désir était d’approcher le pape, mais, voyez-vous, en un an et demi, il ne l’avait jamais vu que de loin ! Le téléspectateur ayant oublié d’être jobard devinait dès le début que le rêve du garçon allait se réaliser avant la fin de l’émission ; et, en effet, voilà-t-il pas que les augures vaticanesques s’avisent tout à coup que Valentino n’a jamais servi la messe de Benito, et lui font une fleur en lui confiant le micro dans lequel le « saint père » (re-re-sic) doit dire trois mots au cours d’on ne sait quelle cérémonie. Et le bienheureux Valentino de nous confier qu’il a failli s’évanouir de bonheur, et qu’il a pleuré en accomplissant sa sainte mission.

Malheureusement, rien n’est parfait, et après cela, il prend conscience qu’il n’a pas la vocation sacerdotale, et décide de ne pas devenir prêtre. Petit ingrat, donnez donc des perles aux pourceaux…

Ce fabuleux reportage d’une heure et vingt minutes était suivi d’un débat, mais je l’ai boycotté, car l’invité principal était un certain Bernard Lecomte, qui s’est autoproclamé « expert des questions papales » ; or je l’avais entendu, le matin même, proférer à la radio une ineptie de la plus belle eau, en prétendant que Jean-Paul Ier, pape connu pour être mort subitement, en 1978, au bout de quatre semaines de pontificat seulement, était décédé à cause du stress que sa fonction lui infligeait. Lorsqu’on sait que ce pape, du genre rigolard, s’était rendu célèbre en se marrant comme une baleine à chacune de ses apparitions publiques, on se dit que le stress est comme la foi : il frappe où il veut.

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