« Le Petit Prince » au cinéma

Publié le par Yves-André Samère

Le Petit Prince est un roman pour enfants, livre à tendance philosophique écrit par Antoine de Saint-Exupéry, un aviateur mort pendant la Deuxième guerre mondiale : son avion avait été abattu le 31 juillet 1944 au-dessus de la Méditerranée. Les droits de ce livre et tous les autres sont aujourd’hui partagés entre la Succession Saint-Exupéry, société fondée en 1989 et présidée par son petit-neveu Olivier d’Agay, et José Martinez Fructuoso, héritier de Consuelo Suncin, l’épouse décédée de l’écrivain. L’argent que ces œuvres rapportent est partagé en deux parts égales.

Or il s’est trouvé que, de son vivant, la veuve voulait la totalité, et que, pour cela, elle avait fabriqué deux faux. Mais elle a été démasquée, et la mère de Saint-Exupéry a pu l’obliger à signer un accord, le 29 mai 1947, par lequel elle garderait la moitié des droits mais n’aurait aucun regard sur les œuvres de son défunt mari.

En 1972, cet accord est modifié par les deux parties, pour y mentionner les droits dérivés, notamment cinématographiques. Et la veuve meurt en 1979, les droits passant alors à son légataire universel, José Martinez Fructuoso, successivement son jardinier puis son secrétaire (on devine ce que cela veut dire)...

À partie de 1987, les héritiers commencent à exploiter cette manne : placement sous copyright des dessins de l’auteur ; développement de lieux liés au personnage du Petit Prince ; création d’un musée au Japon avec restaurant, café, boutique et salle d’exposition ; prêt du personnage au cinéaste et dessinateur Joann Sfarr pour qu’il crée une bande dessinée ; boutique « Petit Prince » sur le site officiel consacré à Saint-Exupéry ; mise en chantier d’une série télévisée et d’un film prévu en 3D ; bref, le grand jeu, que l’écrivain ne prévoyait certes pas. C’est le même processus que l’héritage d’Hergé récupéré par sa veuve Fanny et le nouveau mari de ladite.

Mais Fructuoso n’est pas satisfait, il assigne trois fois la Succession pilotée par le neveu, car il estime que ses intérêts sont bafoués par le dépôt de tous ces droits, fait sans son accord et sans qu’on l’informe.

On en est là de ce passionnant feuilleton, comme toujours inspiré par le désintéressement le plus absolu. Et le film, une animation réalisée par Mark Osborne (cinéaste de 44 ans qui avait signé Bob l’éponge, le film et Kung Fu Panda, des références), sur un scénario d’Irena Brignull (elle avait écrit celui de Shakespeare in love), sortira le 7 octobre de l’année prochaine. Ce sera sûrement un chef-d’œuvre, car on connaît déjà les voix des personnages : Rachel McAdams jouera la mère, et Marion Cotillard, la rose (et ne venez pas me dire, bande de grincheux, qu’il n’y avait aucun personnage féminin dans le livre ! Vous n’avez jamais entendu parler de la magie du cinéma ?).

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