Le piratage est un apostolat !

Publié le par Yves-André Samère

Franchement, je suis éperdu d’admiration envers nos amis les pirates. À la fois pour leur dévouement et pour leur efficacité. Vous allez comprendre et partager mon point de vue.

J’aime beaucoup certaines séries télévisées, et je ne suis pas de ces snobinards qui crachent dessus. Or, comme par hasard, elles sont presque toujours anglophones, et diffusées, soit en Angleterre, soit aux États-Unis. Donc, en principe, invisibles chez nous avant des mois, voire des années (et ne me parlez pas de la nouvelle chaîne du groupe Canal Plus, Canal Séries, on y diffuse bêtement, et nuitamment, une saison entière, à la file, de sorte que vous ne pouvez ni regarder ni enregistrer).

À présent que Dexter et Breaking bad, qui étaient des chefs-d’œuvre, surtout le second, sont terminés, il reste Downton Abbey, feuilleton anglais de grande qualité, qui en est à sa quatrième saison. C’est diffusé en Angleterre le dimanche soir à 9 heures et dure 47 minutes, sauf le premier et le dernier épisode (toujours diffusé le jour de Noël), qui sont plus longs.

Hier soir était donc diffusé le quatrième épisode, qui, par conséquent, s’est terminé à dix heures du soir. Ce matin, j’ai vérifié à sept heures, et cet épisode était déjà en ligne sur les sites de téléchargements. En version originale non sous-titrée, je précise. Donc il s’est trouvé, comme chaque semaine, un ou plusieurs passionnés pour :

- 1. enregistrer l’épisode vu à la télé, sur un enregistreur à disque dur ;

- 2. transférer l’enregistrement sur un DVD réinscriptible ;

- 3. ripper le DVD sur son ordinateur (cela signifie en extraire la vidéo pour la copier sur son disque dur) ;

- 4. éditer le fichier MPEG 2 pour ôter le début et la fin, inutiles (ça dépasse toujours) ;

- 5. compresser le fichier MPEG avec un compresseur, Mediacoder, VirtualDubMod ou autre, pour en réduire la taille sans perte de qualité (en l’occurrence, à 405 mégaoctets, éventuellement davantage, cela dépend des goûts du pirate) ;

- 6. envoyer le résultat sur un site qui l’hébergera.

J’ai vérifié, puisque certains sites indiquent le nombre d’heures écoulées à partir du moment où le fichier est hébergé : il était disponible à minuit ! Donc tout ce travail a été fait en deux heures, et sans attendre. On peut télécharger un épisode en une demi-heure.

Reste la question des sous-titres. Dès cet instant, un peu partout, des amateurs inconnus visionnent le film, transcrivent les dialogues en sous-titres, en se répartissant la tâche (on peut travailler en même temps sur plusieurs copies). D’autres s’occupent de synchroniser les répliques avec la vidéo, et c’est généralement bien fait, même si beaucoup ont tendance à mettre plusieurs répliques, venant de personnages distincts, dans le même sous-titre, ce qui trahit leur amateurisme. À ce stade, il s’agit encore de dialogues anglais. Mais dès le lundi vers 15 heures, d’autres ont faits la traduction en français (et dans d’autres langues). Il est donc possible aux « clients », soit de les télécharger, soit de s’en servir pour les incruster dans l’image originale, toujours avec VirtualDub, ce qui prend environ une heure. Et d’envoyer le résultat sur les sites de téléchargements.

Tout ce travail est fait bénévolement, mais on trouve toujours un saligaud qui fabrique une archive avec le travail des autres et le crypte avec un mot de passe, pour le « mettre à disposition » sur Internet, via une page bidon qui vous oblige à passer à la caisse. Mais les types de ce genre sont vite repérés, et doivent récolter des clopinettes.

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