Le sida de Thierry Le Luron

Publié le par Yves-André Samère

Il y a quelques jours, une visiteuse occasionnelle, qui semble vivre en Allemagne, est tombée sur un texte pas très récent que j’avais écrit sur Giscard. Et j’avais mentionné au passage que Thierry Le Luron, qui s’était beaucoup moqué de lui et de ses diamants, était malheusement mort du sida en 1986.

La visiteuse en question n’a retenu que ce fragment de phrase, qui était d’autant moins malveillant que j’apprécie beaucoup Thierry Le Luron, notamment pour son impertinence. Et elle m’a apostrophé sur le thème « Vous dites des âneries », ajoutant qu’il n’existait « aucune preuve que Thierry Le Luron ait eu le sida. Il est décédé d’un cancer. Pourquoi croyez vous qu’il aurait suivi un traitement en chimiothérapie s’il n’avait pas eu de cancer ? », et concluant ainsi : « Ces sales rumeurs de sida ne reposent sur aucune preuve concrète et irréfutable, juste sur de vagues spéculations du style “Il se pourrait que” ou “Peut-être que” ou “J’ai entendu dire que” ».

Tout à fait mon genre, en effet. Je vis de rumeurs, vous ne le saviez pas ?

Alors, plusieurs choses.

La première, c’est qu’on peut très bien avoir le sida ET un cancer ! Les premiers cas de sida constatés l’ont été sur des malades morts du cancer de Kaposi. Le sida vous prive de vos défenses immunitaires, et vous pouvez mourir alors de n’importe quoi.

Ensuite, dire que les personnes atteintes du sida ne suivent pas une chimiothérapie, c’est du délire. Je n’insiste pas, tout le monde a compris.

Enfin, je ne propageais pas une rumeur, mais me fondais sur les éléments suivants :

- Line Renaud, sa grande amie, a confirmé la version du sida en 2010. Line, qui se dévoue depuis cette époque pour les malades du sida, n’est pas n’importe qui et ne raconte pas n’importe quoi ;

- Hervé Hubert, son parolier Bernard Mabille et son producteur Paul Lederman en ont témoigné dans Un jour, un destin, documentaire diffusé sur France 2 en 2011 ;

- Jacques Pessis a confirmé à la télévision le 14 février 2012, ajoutant que, si Thierry avait caché sa véritable maladie, c’était pour que ses parents puissent toucher son assurance-vie ;

- enfin, sa propre sœur aînée Martine Simon a reconnu, dans un livre publié cette année, La vie est si courte, après tout, que son frère, homosexuel reconnu, était probablement mort du sida, précisant qu’elle s’était tue jusqu’ici par égard pour leur mère, aujourd’hui décédée.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Une de mes amies est morte d'un cancer généralisé (initialement du col de l'utérus) et du sida. Cumularde.
Alors, oui, chimios dans tous les sens du terme. Trente cachets par jour au minimum, plus rayons, plus chimio par intraveineuse, etc.
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D
Et puis, pourquoi mourir (indirectement) du Sida serait-il déshonorant ???
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