Le silence de Simone Veil

Publié le par Yves-André Samère

Ici, on se fiche bien de la manie vulgaire des scoops qui fait l’essentiel de la déontologie des journalistes : être le premier a parler d’un sujet d’actualité, où est l’intérêt ? En dépit de cela, je regrette de ne pas avoir posé plus tôt la question que je me suis posée en privé : pourquoi Simone Veil ne parle-t-elle pas ?

Simone Veil n’a pas la langue dans sa poche, et lorsqu’il s’agit de flinguer un fâcheux, elle dégaine aussi vite que Lucky Luke, le fâcheux serait-il de son parti. Or, les deux lois que Sarkozy a en vue (expulser les sales étrangers qui souillent notre beau pays, et flanquer au trou les parents de gosses délinquants) auraient dû lui rappeler quelque chose, à Momone, qui n’a pas fait pour rien à Auschwitz un séjour linguistique inoubliable. Or, souffrant sans doute d’une extinction de voix, elle n’a encore rien dit. D’autres l’ont fait pour elle, Badinter cette semaine sur France Inter, Rocard dans « Marianne » hier (il affirme que « les intentions [de Sarkozy] sont scandaleuses », « qu’il le paiera et qu’il l’aura mérité ») – ce journal qualifie Sarkozy, en couverture, de « Voyou de la République », ce que tout le monde pense sauf à l’UMP, où l’on ne pense jamais entre les repas.

Je n’ai donc pas interpellé Simone Veil, qui s’en fout et ignore mon existence de nain de jardin, mais Maurice Szafran l’a fait dans une lettre ouverte que publiait hier aussi le même journal. En bref, il s’étonne (euphémisme) de son silence alors que le Gnome veut « instaurer deux catégories de Français, pour ruiner le principe d’égalité devant la loi, pour élaborer un monstre juridique et éthique (la nationalité conditionnelle de Français d’origine étrangère) ». Il a raison, Szafran, un simple mot de Simone Veil forcerait ce malade mental à rentrer sous terre et à rengainer ses arguments piqués au Front National ; il lui éviterait, dans la foulée, l’humiliation qu’il va connaître en voyant ses lois annulées par le Conseil Constitutionnel, épisode dont personne ne doute, même pas lui, mais qu’il juge sans doute négligeable en comparaison du bénéfice électoraliste escompté. Ruse de maquignon, qui préfère encourir le reproche de bassesse plutôt que de se voir menacé, dans deux ans, par Marine Le Pen.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y

La lâcheté est la chose au monde la mieux partagée... dans le petit monde politique.

Pour ce qui est du fils Debré, ils sont deux, d’ailleurs jumeaux, et d’opinons très partagées. Si Bernard est sarkozyste par intérêt, Jean-Louis ne rate jamais une occasion de taper sur Sarkozy. Je
n’ai aucun doute sur ce qu’il pense, mais sa position de président du Conseil constitutionnel lui interdit de parler ailleurs que dans un cercle privé. Il n’en sera que plus libre si ledit Conseil
est saisi de l’affaire, ce qui semble certain en cas de vote de ces lois.


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L

Je suis bien d'accord avec votre réflexion, je pense même que la presse écrite et autres médias devraient s'entêter à faire réagir toutes les grosses pointures de la politique française afin qu'ils
se découvrent un peu, j'aimerais bien connaître les réactions de juppé , raffarin, villepin copé, et compagnie qu'ils arrêtent de se planquer quand le chef se met hors la loi par rapport à la
constitution française qu'en pense le fils du père de cette constitution ce cher Debré qu'ils se positionnent tous !!!!!


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