Legrand cafouillage

Publié le par Yves-André Samère

Si l’on peut être renvoyé de France Inter pour UN mot, certes gros, quelle peine encourt-on pour DEUX mots ? Renvoyé deux fois ?

(Au fait, cher François Morel, vous avez dit « bordel » ce matin sur l’antenne. C’est très mal. Je ne doute pas qu’en ce moment même, le surveillant général doit être en train de rédiger votre convocation devant le conseil de discipline)

Bref, Thomas Legrand officie chaque matin sur cette antenne qui était celle que l’on préférait, avant que ceux chargés de la défendre nous en dégoûtent. Il fait une chronique sur la politique intérieure, et, habituellement, ne dit pas QUE des idioties. Mais ce matin, sans doute troublé de n’avoir jamais reçu de lettre recommandée de Philippe Val, il a, par deux fois, écorché le français – crime qui blesse davantage nos oreilles que le verbe enculer. Or, deux fautes de français en trois minutes, aucune bête au monde ne les aurait commises.

Legrand a d’abord dit que le peuple était « pressurisé » par le gouvernement. Il voulait dire par là que le peuple était écrasé sous les charges. La consultation du premier dictionnaire venu lui aurait pourtant révélé que pressuriser n’a rien à voir avec cette notion, puisque ce verbe signifie « maintenir à une pression atmosphérique normale ». L’intérieur d’un avion en vol est pressurisé, par exemple. Ce dont le peuple peut se plaindre, c’est d’être « pressuré », le verbe pressurer signifiant précisément « écraser avec un pressoir, presser, accabler, tirer de l’argent de quelqu’un ».

Seconde faute, peut-être moins pardonnable encore, car le mot est beaucoup plus ancien, Legrand a prétendu que telle nouvelle s’était « avérée fausse ». Énorme bourde ! Le verbe avérer signifie en effet « montrer, ou prouver, qu’une chose est vraie », ce qu’indique sa parenté évidente avec le mot vérité. C’est donc un oxymore poussé à son paroxysme. Un oxymore, c’est très amusant... à condition qu’il soit volontaire !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y

Je suis soulagé, et j’accepte avec enthousiasme cette explication, digne de celle que Ménélas attendit huit jours de la part de la belle Hélène.


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